Aubameyang, l'éclair du Vélodrome

Légende

Le gamin de Laval devenu globe-trotter

Pierre-Emerick Aubameyang est né à Laval, en Mayenne, un jour de juin 1989. Pas franchement le berceau du football flamboyant. Fils de Pierre Aubameyang, international gabonais passé par le Mans et plusieurs clubs européens, le petit PEA grandit entre la France, l'Italie et l'Allemagne, au gré des mutations paternelles. Milan, Dijon, Saint-Etienne, Dortmund : avant même de poser ses crampons à Marseille, il a déjà porté plus de maillots qu'un collectionneur Panini.

C'est au Borussia Dortmund que tout explose. 141 buts en 213 matchs de Bundesliga. Le Signal Iduna Park scande son nom, les défenseurs le voient passer comme une ombre, il enchaîne les saisons à 20 buts les yeux fermés. Arsenal le recrute en 2018 pour 63 millions d'euros, il y devient capitaine, meilleur buteur de Premier League en 2020. Puis Barcelone, puis Chelsea. Des clubs énormes, des chiffres solides, mais une fin de parcours européen qui ressemble à une valse. Et soudain, l'OM.

Une saison au pas de course

Quand Aubameyang signe à l'été 2023, les supporters oscillent entre excitation et scepticisme. Le bonhomme a 34 ans, il sort d'une saison compliquée à Chelsea où il n'a quasiment rien montré. Coup de poker ou coup de maître ? Les premières semaines répondent vite. PEA n'a rien perdu de ce qui fait sa marque : la vitesse, cette accélération sèche qui laisse les défenseurs sur place, et un sens du but qui ne s'apprend pas.

En Ligue 1, les réalisations tombent avec régularité. Des frappes en un temps, des appels tranchants dans la profondeur, des buts de renard qui rappellent que le bonhomme a marqué partout où il est passé. Au Vélodrome, le public accroche vite. Il y a quelque chose de jouissif à voir un attaquant de ce calibre porter le maillot blanc. Pas le genre à se cacher, pas le genre à lever le pied quand le score est acquis. Aubameyang joue chaque ballon avec l'appétit d'un type qui sait que le temps presse.

Les soirées européennes lui vont bien. Comme Drogba avant lui, PEA se transcende quand les projecteurs s'allument et que le Vélodrome monte d'un cran. Sur le parcours en Ligue Europa, il plante des buts qui comptent, de ceux qui font basculer les doubles confrontations. 30 buts toutes compétitions confondues sur la saison. Pour un joueur que certains disaient fini, c'est une réponse claire.

Des buts, pas de trophée

Le palmarès marseillais d'Aubameyang tient en une ligne : zéro titre. L'OM de 2023-2024 court après la Ligue des Champions via le championnat, s'accroche en Coupe d'Europe, mais ne ramène rien. L'histoire de ce club, éternellement frustrant. PEA termine meilleur buteur de l'effectif avec une marge confortable, mais ça ne suffit pas à remplir la vitrine.

Ses statistiques, elles, parlent d'elles-mêmes. Plus de 30 réalisations sur un seul exercice, c'est le genre de chiffre qu'on ne voit pas souvent passer au Vélodrome. Seule une poignée d'attaquants ont fait mieux en une saison sous le maillot olympien.

Le dernier grand buteur (pour l'instant)

Son passage a renforcé la liste des grands noms offensifs ayant brillé au Vélodrome. Dans la lignée des grands buteurs de l'OM, Aubameyang s'inscrit comme le dernier en date d'une tradition d'attaquants venus d'ailleurs qui ont trouvé à Marseille un public à leur mesure. Comme George Weah avant lui, comme Drogba, il fait partie de ces joueurs africains qui ont marqué l'histoire du club, des types dont le talent a transcendé la durée du passage.

34 ans, un seul exercice, et pourtant le souvenir reste net. Pas celui d'un mercenaire en pré-retraite. Celui d'un attaquant qui a couru, marqué, vibré avec un public qui ne demande que ça. Parmi les stars de passage à l'OM, PEA occupe une place à part : il est venu, il a planté, il est reparti. Sans chichi.

Cap sur le Golfe

L'été 2024, Aubameyang file en Arabie saoudite, du côté d'Al-Qadsiah. Le choix financier, classique pour un joueur en fin de carrière européenne. Pas de larmes, pas de transfert dramatique. Un départ propre, après une saison pleine. À Marseille, on ne lui en veut pas. On garde les buts, les courses, les soirs de Coupe d'Europe où le Vélodrome tremblait quand il prenait la profondeur.

Un an, c'est court. Mais à l'OM, on sait depuis longtemps qu'une saison peut suffire à laisser une trace.