George Weah, un Ballon d'or au Vélodrome

Légende

L'homme

George Tawlon Manneh Oppong Ousman Weah naît à Monrovia en 1966, dans un Liberia rongé par la pauvreté et bientôt la guerre civile. Il grandit chez sa grand-mère, joue pieds nus, intègre les clubs locaux avant de s'envoler pour le Cameroun puis Monaco, où Arsène Wenger l'attend en 1988. La suite tient du conte : PSG, Milan AC, Chelsea, Manchester City. Et en 1995, le couronnement absolu, premier joueur africain à remporter le Ballon d'or, premier non-européen à recevoir le titre de FIFA World Player. Une trajectoire que personne, en Afrique, n'avait osé rêver avant lui.

À l'OM

Quand il signe à Marseille en septembre 2000, Weah a 34 ans et la saison de trop dans les jambes. L'OM sort de l'ère Robert Louis-Dreyfus première version, cherche un patron, un nom, une lumière. Le Libérien dispute 19 matchs de Ligue 1, inscrit 5 buts. Le premier face à Lens, sec, du droit, devant un Vélodrome qui retient son souffle. Mais le collectif tousse, l'équipe finit neuvième, et Weah ne tient pas la distance. Il quitte le club dès le mercato d'hiver, direction Al-Jazira aux Émirats. Six mois, pas plus.

Le palmarès

Ballon d'or 1995. FIFA World Player la même année. Champion de France avec le PSG (1994), champion d'Italie deux fois avec le Milan AC (1996, 1999), vainqueur de la Coupe d'Italie. À l'OM, rien. Sauf le souvenir d'avoir vu un Ballon d'or en bleu et blanc.

Ce qu'on retient

Le Ballon d'or libérien ajoute un nom immense à la liste des stars passées par l'OM. Weah à Marseille, c'est moins une histoire de chiffres qu'un symbole. Le club post-Tapie continue de séduire les plus grands, même en bout de course. On le range dans la même vitrine que Didier Drogba ou Pierre-Emerick Aubameyang, les stars de passage qui ont croisé la route phocéenne le temps d'un éclat. Une lignée d'attaquants africains à laquelle le Libérien apporte sa caution mondiale.

Après l'OM

Al-Jazira, puis Marseille retraite en 2003. La suite, on la connaît, et elle dépasse le football. Weah retourne au Liberia, fonde un parti, perd la présidentielle de 2005, gagne celle de 2017. Il dirige son pays pendant six ans, accepte sa défaite en 2023, organise une transition pacifique. Du quartier pauvre de Monrovia au palais présidentiel, en passant par le Vélodrome. Pas mal, pour un môme qui jouait pieds nus.