Enzo Francescoli : el Príncipe au Vélodrome

Légende

L'homme

Enzo Francescoli naît le 12 novembre 1961 à Montevideo. On le surnomme vite "el Príncipe", le Prince. Pas par flatterie, mais parce que tout chez lui respire la noblesse du geste : la touche de balle, la passe glissée, le port de tête. Formé à Wanderers, révélé à River Plate au début des années 1980, il devient le visage du football uruguayen. Champion d'Amérique du Sud en 1983 puis 1987, élu meilleur joueur du continent, il débarque en Europe par la France, au Racing de Paris, où il fait courir les foules pendant trois saisons. Quand Bernard Tapie vient le chercher à l'été 1989, Francescoli est l'un des meneurs de jeu les plus respectés de la planète.

À l'OM

L'OM de 1989-1990, c'est une machine. Papin devant, Mozer derrière, Tigana au milieu, Waddle qui dribble, Stojković qui invente. Tapie veut Francescoli pour ajouter l'élégance sud-américaine à ce vestiaire de stars. Le Prince arrive, prend son temps, distille. Il n'est pas du genre à abuser des effets, il joue juste, dans le rythme du collectif. Une trentaine de matchs, une dizaine de buts, des passes décisives offertes à Papin. Sur le terrain, il échange régulièrement le brassard avec Dragan Stojković, autre artiste de cette équipe pléthorique.

Le palmarès

Champion de France 1990. Une seule saison, un seul titre, mais le titre fondateur de l'ère Tapie. Francescoli repart avec une médaille et avec la Coupe d'Amérique du Sud 1995, gagnée plus tard sous le maillot de la Celeste.

Ce qu'on retient

Le prestige international, d'abord. Francescoli n'avait rien à prouver en venant à Marseille. Il avait choisi l'OM par ambition européenne, et il a tenu son rang. On retient aussi cette anecdote qui dépasse le club : un certain Zinédine Zidane, gamin marseillais qui idolâtrait le numéro 10 uruguayen, donnera plus tard à son fils aîné le prénom Enzo, en hommage. Tous les passages ne marquent pas une carrière, mais celui de Francescoli, lui, a marqué une génération. À côté d'autres artistes du milieu comme Lucho González, il appartient à cette famille des stars sud-américaines passées par l'OM. Immense nom du football sud-américain, il enrichit le panthéon des stars de passage au club.

Après l'OM

L'aventure marseillaise dure une saison. Francescoli part en Italie, à Cagliari puis à Torino, où il devient capitaine et icône. Il rentre ensuite à River Plate et termine sa carrière en 1997 après avoir soulevé la Copa Libertadores. Devenu dirigeant et créateur d'une chaîne sportive en Amérique du Sud, il reste l'une des figures les plus respectées du continent. À Marseille, on ne l'oublie pas : une saison seulement, mais ce qu'on demande à un Prince, la classe.