Jean-Jacques Marcel : le milieu international des années 50

Légende

L'homme

Estagel, Pyrénées-Orientales, juin 1931. Jean-Jacques Marcel grandit dans ce sud où le football populaire pousse comme la vigne, entre cour d'école et terrain vague. Sochaux le repère, le forme, le lance dans le grand bain professionnel à la fin des années 1940. Six saisons en Franche-Comté lui suffisent pour s'imposer comme un milieu complet, dur au tacle, propre à la relance.

À 23 ans, le club doubiste le laisse partir. Marseille l'appelle. Pour un gamin du Languedoc, c'est presque un retour en terre méditerranéenne.

À l'OM

Cinq saisons sous le maillot olympien, de 1954 à 1959. Marcel débarque dans un OM qui cherche sa stabilité après le titre de 1948. La grande équipe d'immédiat après-guerre n'est plus, il faut reconstruire. Au milieu de terrain, il devient l'un de ces piliers qu'on inscrit sur la feuille de match sans même y réfléchir.

Il forme avec Roger Scotti et André Tassone une ligne médiane qui fait la fierté de la décennie. Trois techniciens, trois caractères, trois lectures du jeu qui s'imbriquent. Marcel apporte la dureté du tacle propre, la passe sèche, la capacité d'étirer le jeu sur cinquante mètres quand il faut casser un pressing.

Sa stature attire vite les sélectionneurs. Convoqué en équipe de France, il participe à la Coupe du monde 1958 en Suède, où les Bleus de Kopa et Fontaine décrochent une troisième place historique. Pour l'OM, c'est un signe : on tient un milieu de classe internationale.

Le palmarès

Pas de titre majeur à l'OM durant la période 1954-1959. Le club traverse une zone grise, ventre mou du championnat. La gloire collective viendra plus tard. Marcel, lui, grave son nom dans la liste des cadres qui ont tenu la maison debout.

Côté Bleus, troisième de la Coupe du monde 1958. Plus de quarante sélections sur l'ensemble de sa carrière, ce qui en fait, en son temps, l'un des milieux français les plus capés.

Ce qu'on retient

Milieu de très haut niveau, il fut l'un des cadres marseillais des années 1950. Quand on remonte la liste des grands milieux olympiens, avant les noms de l'ère Tapie, avant Boli, avant Deschamps, il y a cette poignée de techniciens des années 1950 qui ont tenu la baraque sans gagner de titres clinquants. Marcel en fait partie.

C'est l'OM du quotidien, celui qui ne brille pas dans les anthologies mais qui prépare le terrain pour les générations suivantes.

Après l'OM

À l'été 1959, à 28 ans, il rejoint la Juventus pour une saison italienne. La Vieille Dame, autre football, plus tactique, plus rude, mais Marcel n'est pas dépaysé. Il revient en France en 1960 pour Toulon, ville voisine, où il prolonge sa carrière avant de raccrocher.

Son nom, comme celui des autres figures de l'OM d'après-guerre, s'est érodé derrière les fracas du Vélodrome moderne. Il reste pourtant dans la longue liste des légendes du club, milieu international d'une décennie qu'on a parfois trop vite résumée à l'attente de la suite.