Sonny Anderson — Le Brésilien d'un seul hiver

Légende

L'homme

Sonny Anderson da Silva naît le 19 septembre 1970 à Goiatuba, dans l'État de Goiás, au cœur du Brésil. Pas de favela mythifiée, pas de plage de Copacabana dans son histoire: juste un gamin du centre-ouest brésilien qui apprend le foot loin des grands clubs de Rio ou São Paulo. Il fait ses gammes au Guarani, puis prend le large vers la Suisse. À Servette Genève, entre 1991 et 1993, il se révèle au reste de l'Europe en empilant les buts du championnat helvète. C'est là que les recruteurs français commencent à noter son nom dans leurs carnets.

À l'OM

Quand Bernard Tapie le fait signer à l'été 1993, l'OM vient juste de soulever la Coupe aux grandes oreilles à Munich. Sur le papier, débarquer à Marseille, c'est rejoindre le sommet du foot européen. Sur le terrain, c'est tout autre chose. L'affaire OM-VA explose, l'UEFA exclut le club des compétitions continentales, les sanctions s'enchaînent. Les cadres s'en vont, Boli, Desailly, Deschamps, et le Brésilien atterrit dans un vestiaire qui se vide à chaque mercato.

Il fait pourtant le boulot. Sur la pelouse du Vélodrome, il se bat, dribble, frappe, finit. Ses appels sont propres, son explosivité tranche dans une équipe désorganisée. Il marque, souvent seul contre tous, dans une saison où le club joue avec un couteau sous la gorge. Le public reconnaît le geste juste et le courage du gamin.

Le palmarès

À Marseille, rien. Pas de titre, pas de coupe, pas de retour en C1 puisque la sanction tombe. Une saison de L1, une dizaine de buts, et le rideau qui se baisse sur la grande période phocéenne. La rétrogradation administrative en D2 à l'été 1994 referme l'histoire avant qu'elle n'ait pu vraiment commencer.

Ce qu'on retient

L'image, c'est celle d'un attaquant trop bon pour le naufrage qu'on lui sert. Anderson n'est pas le sauveur, ce n'est pas le rôle qu'on lui a confié et personne ne pouvait l'assumer cette saison-là. Mais il fait partie de cette lignée des grands attaquants venus marquer à Marseille, aux côtés de Didier Drogba et Mamadou Niang. Son nom reste fort dans la mémoire des grands attaquants passés par Marseille.

Après l'OM

C'est ailleurs qu'Anderson va devenir Anderson. À Monaco d'abord, où il signe en 1994 et explose: meilleur buteur de Ligue 1 en 1997, titre de champion la même année. Le Barça vient le chercher dans la foulée, il y croise Ronaldo et Rivaldo, gagne une Coupe d'Espagne. Puis Lyon, à partir de 1999, où il devient le patron offensif des premières années dorées du club rhodanien. Sélectionné en équipe du Brésil, il appartient à cette génération d'attaquants brésiliens qui ont régné sur l'Europe pendant une décennie. Marseille n'aura été qu'une parenthèse de quelques mois dans ce parcours, mais c'est dans son maillot qu'il a marqué ses premiers buts en France. Une ligne dans une grande carrière, et une étoile filante de plus dans l'histoire du club.