Salif Keïta

Attaquant Mali 1972-1973 Légende

L'homme

Né à Bamako en 1946, Salif Keïta grandit dans un Mali tout juste indépendant, où le ballon roule sur les terrains de terre rouge. On le surnomme vite Domingo, et le gamin file. Vraiment. Il explose au Real Bamako puis au Stade Malien, et la rumeur traverse la Méditerranée. En 1967, Saint-Étienne le fait venir. C'est un pari fou pour l'époque, un attaquant africain dans une Ligue 1 encore largement fermée aux joueurs venus du continent.

Aux Verts, Domingo va tout casser. Trois titres de champion de France, un titre de meilleur buteur, et surtout cette consécration historique en 1970 : premier Ballon d'Or africain de l'histoire. À ce moment-là, Keïta n'est plus un joueur, c'est un symbole. Le premier à prouver qu'un attaquant venu d'Afrique de l'Ouest pouvait régner sur le foot français.

À l'OM

L'été 1972, l'OM vient juste d'être sacré champion de France avec Skoblar et Magnusson devant. Le club veut maintenir le rang, et Marcel Leclerc, président flamboyant, frappe un grand coup en recrutant Domingo. Sur le papier, c'est l'attaque de rêve.

Sur le terrain, ça grippe. La saison 1972-1973 voit l'OM perdre Magnusson, voir Leclerc s'écharper avec la Fédération, et plonger dans une crise institutionnelle dont personne ne se relèvera tout de suite. Keïta joue, marque, montre des éclairs de la classe qui avait affolé Geoffroy-Guichard, mais l'équipe coule autour de lui. Il quittera l'OM au bout d'une seule saison, direction Valence puis le Sporting Lisbonne.

Le palmarès

À Marseille, le palmarès est mince, forcément : une saison, pas de trophée. Mais Keïta n'arrivait pas pour étoffer sa vitrine. Il l'avait déjà remplie à Saint-Étienne, et son Ballon d'Or africain 1970 reste gravé. Sur l'ensemble de sa carrière, il aura porté le maillot de l'OM avec le statut d'une star mondiale en escale.

Ce qu'on retient

Son passage fut bref mais il apporte un immense prestige au récit des grands noms passés par l'OM. Dans la longue galerie des attaquants marseillais, Domingo occupe une place à part : celle du précurseur, du pionnier africain dans un club qui accueillera plus tard Abedi Pelé et Didier Drogba. Cette filiation des grands joueurs africains de l'OM commence par lui, à une époque où aucune star africaine n'avait encore foulé le Vélodrome avec ce statut.

Une saison seulement. Mais quand on raconte les stars de passage à l'OM, Keïta vient toujours dans les premiers noms cités.

Après l'OM

Valence, le Sporting Lisbonne, le Portugal qui l'adopte. Salif Keïta poursuit sa carrière en Europe avant de raccrocher en 1980. Retour au pays ensuite : il fonde une académie de football à Bamako, devient président de la Fédération malienne, et passe le reste de sa vie à structurer le foot africain qu'il avait été le premier à porter si haut. Une trajectoire entière au service du jeu.