Loïc Rémy
L'homme
Né à Rillieux-la-Pape en banlieue lyonnaise un 2 janvier 1987, Loïc Rémy passe par Lyon en formation, où il signe pro sans s'imposer, avant de filer à Nice. C'est là qu'il devient lui-même : un attaquant longiligne, gaucher, capable d'avaler le terrain en trois foulées. Sur la Côte d'Azur, il fait sauter les défenses de Ligue 1 à coups d'accélérations dévastatrices. L'OM regarde, l'OM achète. Quinze millions d'euros au mercato d'hiver 2010, payés à Nice pour ramener à Marseille un avant-centre qui court plus vite que son ombre.
À l'OM
Rémy débarque en janvier 2010, en pleine course au titre. Deschamps est au bord du sacre, et le gamin de Rillieux arrive comme une rallonge de luxe pour André-Pierre Gignac et Brandão. Il marque pour ses débuts. Le ton est donné. Trois mois plus tard, il soulève sa première étoile, celle du titre de champion 2010.
Sur la durée, son OM oscille entre flashs de génie et blessures à répétition. Les ischio-jambiers le lâchent, les muscles fatiguent, mais quand Rémy est sur le pré, il fait peur. Sa pointe de vitesse, sa frappe enroulée du gauche, sa capacité à transformer un ballon perdu en occasion nette, peu d'attaquants français des années 2010 offraient ce profil. Il marque 33 buts en Ligue 1 sous le maillot blanc, sans jamais devenir le buteur attitré qu'on espérait.
Janvier 2013, l'aventure s'arrête. QPR met dix millions sur la table, l'OM dit oui. Direction Londres, sans une cérémonie d'adieu digne de ce nom.
Le palmarès
Trois Coupes de la Ligue (2010, 2011, 2012) et un titre de champion de France 2010 partagé avec ce vestiaire de Deschamps. En sélection, 31 capes et 7 buts avec les Bleus.
Ce qu'on retient
Attaquant rapide et décisif, il a été l'une des têtes d'affiche du début des années 2010 à l'OM, à une époque où le club rejoue les premiers rôles en Ligue 1 et taquine la Ligue des champions. On retient les courses dans le dos des défenseurs, les buts inscrits sur des contres tranchants, et cette frustration permanente : avec un corps moins fragile, Rémy aurait pu devenir l'un des grands buteurs du club. Il reste, pour les supporters de cette génération, un demi-rêve. Un de ces joueurs dont on se dit qu'on n'a vu qu'un quart de ce qu'il avait à donner.
Après l'OM
Newcastle en prêt dès l'hiver 2013, puis Chelsea en 2014 où il rafle un titre de Premier League sans jouer beaucoup. Suivront Crystal Palace, Las Palmas, Lille (retour express en France en 2018), Getafe, Benevento, et Boavista pour finir sa carrière au Portugal. Une trajectoire en zigzag, à l'image d'un attaquant que les pelouses européennes n'ont jamais cessé de réclamer, sans jamais réussir à le garder longtemps en bonne santé. Et un autre profil d'ailier-buteur du même millésime aura suivi sa propre route à Marseille : Florian Thauvin, arrivé quelques mois après le départ de Rémy.