Joseph Yegba Maya : le buteur d'avant Skoblar
L'homme
Cameroun, années 1930. Joseph Yegba Maya grandit dans une Afrique francophone où le football se fraye un chemin entre les terrains de poussière et les premiers clubs structurés. Il fait partie de cette génération de joueurs africains qui, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, traversent la Méditerranée pour trouver dans le championnat français un terrain de jeu à leur mesure. Quand il pose ses crampons à Marseille en 1962, le foot français découvre encore comment intégrer ces talents venus du sud. Il a la silhouette nette de l'avant-centre, le sens du but, et l'audace tranquille de ceux qui ont déjà beaucoup voyagé pour en arriver là.
À l'OM
Huit saisons d'un trait, de 1962 à 1970. Yegba Maya pose ses valises dans un OM en pleine convalescence, qui louvoie entre Division 1 et Division 2 et cherche à retrouver son rang. Il devient l'un des hommes forts de l'attaque, le finisseur sur lequel le club s'appuie pour faire le métier au-dessus du milieu. Aux côtés de coéquipiers comme Roger Magnusson, virevoltant ailier suédois arrivé en 1968, il participe à la reconstruction qui va aboutir à la grande équipe du début des années 1970.
Sur le terrain, c'est un attaquant qui plante avec régularité, sans esbroufe, dans une époque où les défenses sont rugueuses et les pelouses irrégulières. Sa fidélité au club, rare pour un joueur étranger à cette période, dit la place qu'il s'est faite à Marseille.
Le palmarès
Le palmarès collectif est modeste : ses années olympiennes correspondent à une traversée du désert. Mais Yegba Maya participe à la remontée en Division 1 en 1966, étape clé qui prépare le retour au sommet. Sa contribution se mesure surtout en buts inscrits et en saisons disputées, dans une équipe en pleine reconstruction.
Ce qu'on retient
Grand buteur des années 1960, il a longtemps incarné l'efficacité offensive de l'OM. Avant que Josip Skoblar ne fasse exploser les compteurs et n'efface tout sur son passage, c'est Yegba Maya qui tenait la baraque devant. Dans la mémoire des grands buteurs marseillais, son nom appartient à cette catégorie des hommes de transition, ceux qui ont fait le sale boulot pour que les suivants puissent briller. Une figure essentielle de l'OM des années 60, période souvent oubliée derrière les fracas des décennies suivantes.
Après l'OM
En 1970, Yegba Maya tire sa révérence olympienne au moment précis où le club s'apprête à entamer sa décennie dorée. Il laisse derrière lui huit saisons d'engagement et un statut de pionnier africain à l'OM, à une époque où ces parcours restaient rares. Son nom s'efface progressivement derrière les exploits de la génération Skoblar-Magnusson, mais reste inscrit dans la liste des hommes qui ont tenu le club debout quand les trophées se faisaient attendre.