On savait que le divorce entre Pablo Longoria et Mehdi Benatia s'était joué à froid, sans explosion publique. On apprend maintenant qu'il avait des racines bien plus profondes que les seules tensions sportives.
D'après le journaliste Romain Molina, repris par plusieurs médias, le cœur du conflit résiderait dans la domination de l'agence Base Soccer dans le recrutement marseillais. Une agence historiquement proche de Longoria, qui aurait peu à peu pris une place jugée trop grande dans les arbitrages sur les transferts. Benatia, lui, aurait cherché à diversifier les partenaires, à reprendre la main sur les pistes, à imposer son propre réseau. Le tir de barrage interne aurait été plus rude qu'on l'imaginait.
Cette friction permanente sur les noms à recruter n'est pas neuve. On l'avait sentie dans les choix discutables de l'été dernier, dans les profils qui ne collaient pas, dans les ratés à répétition qui ont fini par fragiliser tout l'organigramme. À la fin, deux hommes qui ne signaient plus le même cahier, alors qu'ils partageaient le même bureau.
Le deuxième coup dur, c'est Frank McCourt. Le propriétaire avait promis à Benatia des liquidités fraîches pour structurer un vrai projet sportif, notamment pour rebondir après le départ de Roberto De Zerbi. Ces promesses ne se sont jamais concrétisées. Benatia s'est retrouvé à porter publiquement des décisions, comme la séparation du technicien italien, qui n'étaient pas vraiment les siennes. Difficile de tenir un poste de directeur sportif quand on devient le paratonnerre de chaque choix impopulaire. On avait déjà raconté les coulisses de la fin du chapitre Benatia, mais le récit de Molina ajoute une couche.