On en parlait ce matin, Stéphane Richard a pris ses fonctions avant juillet. L'info de la journée, c'est qu'il est déjà à Abidjan. Et qu'il a croisé Didier Drogba. Quand on dit qu'il ne perd pas de temps, voilà.
Le nouveau président de l'OM s'est envolé en début de semaine pour la Côte d'Ivoire. Objectif clair : sécuriser la prolongation pour trois ans du partenariat « Sublime Côte d'Ivoire » avec le ministère du tourisme local. Une opération lancée en 2023, structurante : centre de formation à Abidjan en co-propriété, boutique officielle phare du continent, matchs de gala et stages pré-saison sur place. Pas un coup de com, un vrai axe stratégique africain.
Richard explique : « Je connais bien les responsables de ce pays, je les ai beaucoup fréquentés lors de mon passage à Orange. » Le mec arrive avec son carnet d'adresses sous le bras. C'est tout sauf un détail.
Drogba, l'image qu'on attend depuis vingt ans
Et puis il y a la photo qu'on imagine. Richard a profité du voyage pour rencontrer Didier Drogba. Officiellement pour le rapprocher du club, sans qu'on sache encore sous quelle forme. Officieusement, ça envoie un message : la légende ivoirienne, passée par la Commanderie en 2003-2004, pourrait revenir dans l'orbite olympienne. Ambassadeur ? Conseiller ? On verra. Mais le seul fait que ce déjeuner se soit tenu suffit à dire qu'on n'est plus dans le brouillon.
Tout sauf un président de couloir
Depuis sa nomination le 10 avril, Richard enchaîne. Trois matchs à domicile dans les tribunes (Metz, Nice, Rennes), un déplacement au Havre, une sanction contre Aubameyang pour l'affaire de l'extincteur, une visite à la Commanderie, un discours aux salariés au nouveau siège du Prado, le recrutement de Grégory Lorenzi comme futur directeur sportif. Pendant ce temps, il continue à travailler à temps plein dans sa banque d'affaires jusqu'au 30 juin. « Les journées sont doubles », glisse-t-il à L'Équipe. On veut bien le croire.
Le profil tranche radicalement avec ses prédécesseurs. Ancien PDG d'Orange pendant onze ans, formé à l'ENA et HEC, c'est lui qui a signé le naming du Vélodrome en 2016. Marseillais d'adoption, propriétaire d'une villa à Malmousque, ami de Renaud Muselier, en lien avec toute la classe politique locale, de Gaudin à Payan en passant par Samia Ghali. Un président qui ne dépend pas financièrement du poste, donc qui aura de l'autonomie face à McCourt. Sur le papier, c'est rare.
Le mot d'ordre : stabilité
Sur RTL, Richard a posé son cap : la stabilité, condition sine qua non de la performance. Il refuse l'idée qu'une équipe puisse bien jouer quand un tiers de l'effectif change chaque été. Il demande qu'on laisse Habib Beye faire son travail. L'objectif affiché : inscrire l'OM dans le groupe des vingt meilleurs clubs européens, ceux qui disputent régulièrement la Ligue des Champions.
On a entendu cette musique cent fois depuis trente ans. La différence, peut-être, c'est qu'on a en face un type qui a déjà géré des crises sociales chez Orange, qui connaît les droits télé, qui sait ce que veut dire un actionnariat. Reste maintenant à voir s'il aura le poids pour imposer sa méthode quand le mercato OM va commencer à chauffer et quand les supporters voudront des réponses sur le banc. Premier rendez-vous avec les leaders des groupes : début juin, paraît-il. On va vite savoir s'il a vraiment les épaules.