Mehdi Benatia a enfin parlé. Vingt-cinq minutes face au micro du média officiel, sans filtre, où le directeur sportif sortant a tout sorti : la débâcle de la saison, ses rapports glacés avec Roberto De Zerbi, le naufrage du printemps. Pour un dirigeant connu pour serrer les dents et laisser parler les communiqués, ça change. Et ça fait mal.
Le constat d'abord. "Saison catastrophique", c'est lui qui le dit, pas un éditorialiste. Le pacte de Miami signé l'été dernier avec De Zerbi et Pablo Longoria devait propulser l'OM vers le podium et installer une culture du haut niveau. À l'arrivée, une 5e place arrachée dans la douleur dimanche soir, un 5-0 au Parc des Princes en plein mois d'avril, un 2-0 à Lorient avec un état d'esprit qu'il a lui-même qualifié de scandaleux, et un coach poussé vers la sortie en cours de saison. Ce qu'il avait promis dès son arrivée, il ne l'a pas obtenu. Il l'assume.
La rupture avec De Zerbi, version Benatia
Sur la relation avec De Zerbi, le Marocain choisit ses mots, mais le fond est clair. Les deux hommes n'étaient plus alignés depuis longtemps. Plusieurs sources, dont La Provence et 90min, ont décrit ces derniers mois un Benatia omniprésent, capable de débarquer aux entraînements, de prendre la parole pendant les jours de repos, et même de s'imposer dans une causerie d'avant-match face à Monaco. Le DS sortant ne nie pas tout. Il défend son besoin d'exigence. Il assume avoir mis la pression sur les joueurs, sur le coach, sur tout le monde, parce que c'est ce qu'il était venu faire. Le résultat, on le connaît : le vestiaire a fini par décrocher après le PSG, l'Italien est parti, et lui-même a proposé sa démission par loyauté.
Sur Habib Beye, nommé en février pour ramasser les morceaux, Benatia ne lâche pas grand-chose, mais reconnaît qu'envoyer un débutant de Ligue 1 monter au front à ce moment-là, c'était peut-être lui passer un cadeau empoisonné. La Provence avait déjà raconté qu'un rapport de domination s'était installé entre les deux hommes. Le dirigeant ne s'étend pas sur le sujet. Il ne le dément pas non plus.