Benatia : grands discours, valise à demi faite

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Drôle de semaine, vraiment. À ceci près que la blague, on l'a déjà entendue. Tu prends une fessée à Lorient samedi, ton directeur du football débarque dans le vestiaire pour étriller tout le monde, et trois jours plus tard, le même décide qu'il ne parlera plus aux joueurs jusqu'à nouvel ordre. Quand on a vu Tapie tonner, Diouf bougonner et Labrune jurer ses grands dieux, on reconnaît la musique. Le couplet "je gueule, puis je m'efface", c'est du Benatia pur jus.

Faut quand même rappeler le décor. Medhi Benatia n'est pas un consultant qu'on a invité sur RMC. Il est, avec Pablo Longoria, l'architecte de l'effectif qui se fait gifler à Lorient. C'est lui qui a validé les recrues, validé l'ossature, validé le coach. Et c'est lui qui, samedi soir au Moustoir, a expliqué aux joueurs qu'ils n'étaient pas dignes du maillot. La technique est connue : quand le bilan sportif s'écroule, on fait porter la honte aux exécutants. Le tribunal du vestiaire est ouvert. Devine qui est le juge.

Le problème, c'est que le juge a déjà coché les cases pour la sortie. Depuis le 17 février et la défaite contre Metz, on apprend que Benatia avait déjà alerté Longoria sur la nécessité de bouger un coup. Depuis, il a multiplié les coups de menton, et selon L'Équipe, choisi le silence radio avec les joueurs. C'est d'ailleurs le détail qui pique. Un patron qui a encore un an de projet devant lui ne fait pas la gueule, il prend le téléphone. Là, on a un homme qui se met en retrait, qui laisse Habib Beye et Frank McCourt courir derrière les joueurs en thérapie de petits groupes. Le directeur sportif fait la moue, le propriétaire fait le SAV. Bel organigramme.

Le pire, ce sont les rumeurs italiennes qui ne s'éteignent pas. La succession est ouverte depuis mi-avril, trois noms tournent, et on voudrait nous faire croire que celui qui s'apprête à partir est en mesure de remettre la maison en ordre. McCourt l'aurait validé en début de semaine, dit la presse. Validé pour quoi, exactement ? Pour serrer la vis avant Nice à un effectif qu'il a lui-même construit, et qu'il regarde déjà en mode passager.

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Demain, donc, Nice à la maison. Avec une infirmerie qui déborde, un Vélodrome qui boude et un staff qui répète "il faut se serrer les coudes". Si Beye gagne, on entendra Benatia expliquer en off que le recadrage a porté ses fruits. Si Beye perd, on entendra Benatia expliquer que le coach n'a pas su transformer le message. Belle position, dans tous les cas. La position du gars qui a fait sa valise mais qui veut garder le mot de la fin.

On a déjà vu ce film. On connaît la chute.