Depuis quelques jours, chaque matin apporte sa nouvelle charge contre Habib Beye. Mais la sortie de Jérôme Alonzo change le procès. L'ancien gardien de l'OM ne reproche pas au coach son travail, son discours ou ses choix tactiques. Il vise directement Medhi Benatia, la tête qui l'a fait venir.
L'argumentaire est clinique. Beye arrivait sur le banc phocéen avec 40 matchs de métier comme entraîneur principal, et il sortait d'un échec à Rennes qui n'invitait pas spécialement à l'optimisme. Dans un club comme l'OM, à prendre en marche pour la course à l'Europe, ça faisait beaucoup de paris empilés sur une seule décision. Pour Alonzo, c'était déraisonnable. Pour Benatia, c'était un choix de confiance, un ami connu à l'antenne qu'il voulait lancer sur un vrai banc. On a vu laquelle de ces deux lectures s'est imposée sur le terrain.
Le tir groupé était prévisible et la liste s'allonge. Pascal Olmeta aurait préféré laisser Pancho sur le banc au moment du choix. Jérôme Rothen juge carrément que Beye « n'a rien à faire à l'OM ». Pierre Ménès a repris la parole après Monaco pour charger l'attitude du coach, jugée déconnectée de la réalité des résultats. À chaque intervention, la même idée revient : le fossé entre le verbe et les performances est devenu trop grand pour être comblé par trois conférences de presse brillantes.
Ce qui se dessine, c'est un déplacement du procès. Pendant des semaines, la cible unique, c'était le coach. Son discours plus lumineux que son bilan, ses rotations, ses sorties dans les médias. Maintenant, c'est la direction sportive qui prend. Quand une légende du club explique que le vrai problème n'est pas Beye mais Benatia, les supporters entendent ce qu'ils veulent entendre. Et ces derniers temps, du côté du Vélodrome, on cherche des responsables plus qu'on cherche des solutions.