Jules Zvunka, le roc des années 70
Il y a des noms qui ne disent rien aux gamins d'maintenant, mais qui font briller l'œil des anciens du virage. Jules Zvunka, c'est de ceux-là. Un nom qui claque, une silhouette qu'on n'oublie pas quand on l'a vue défendre les couleurs de l'OM pendant sept saisons.
L'homme
Né à Bouligny en Meurthe-et-Moselle en juin 1947, Jules Zvunka grandit dans une famille d'origine slave, dans le bassin minier lorrain. Le foot, là-bas, c'est une affaire sérieuse, un truc qu'on apprend sur les terrains caillouteux à côté des corons. Son frère Victor, plus jeune, suivra le même chemin et fera lui aussi carrière chez les pros, dont quelques saisons à Marseille.
Jules débarque au centre de formation marseillais à la fin des années 60, sans tambour ni trompette. Pas le profil du gamin star qu'on s'arrache. Juste un défenseur solide, sérieux, qui mouille le maillot dès qu'on lui en donne un.
À l'OM
Il signe pro en 1966 et reste sept saisons sur la Canebière, jusqu'en 1973. Sept ans, à Marseille, c'est une éternité. Surtout pour un défenseur qui n'a ni le génie d'un Trésor ni le panache d'un attaquant. Zvunka, c'est l'ouvrier du onze. Le mec qui fait le sale boulot et qui repart en silence aux vestiaires.
Son style, on le devine sans mal. Rugueux, engagé, prêt à laisser un peu de cuir sur l'attaquant adverse pour ne pas le laisser passer. Les supporters l'adoptent vite. À Marseille, on aime ceux qui se battent, ceux qu'on sent capables de couper un Vélodrome en deux par la seule force de leur engagement. Jules, c'était ça.
Il traverse l'époque où l'OM construit son identité moderne, celle qui va exploser dans la décennie suivante. Il participe à la montée en puissance du club et porte le brassard à plusieurs reprises, signe que le vestiaire reconnaît en lui quelqu'un de droit.
Le palmarès
Au cours de ses années olympiennes, Jules Zvunka soulève la Coupe de France 1969, première ligne sérieuse au palmarès collectif. L'année 1971 lui apporte le titre de champion de France, le grand frisson, celui qui justifie tous les sacrifices d'un défenseur de devoir. Il joue plus de 250 matchs sous le maillot blanc.
Pas de sélection en équipe de France à se mettre sous la dent. Zvunka n'aura jamais ce prestige-là. Mais à Marseille, on s'en fout un peu, des Bleus. Ce qu'on retient, c'est le maillot du club.
Ce qu'on retient
Défenseur rugueux et emblématique, il appartient à la mémoire populaire du club. C'est tout dit. Zvunka, ce n'est pas une légende qu'on raconte dans les manuels d'histoire du foot français. C'est une légende de quartier, de bistrot, de virage. Un nom qu'on lâche entre deux verres quand on veut prouver qu'on connaît vraiment l'OM, pas juste celui des années Tapie.
Sa figure populaire, c'est celle d'un homme qui a tout donné pour un club sans jamais réclamer la lumière. Dans la lignée des défenseurs marquants des Défenseurs emblématiques de l'OM, il occupe une place à part. Pas la classe naturelle d'un Marius Trésor, pas la longévité d'autres figures du onze type. Mais une chose que les supporters ne se trompent jamais à reconnaître : l'amour du maillot.
Après l'OM
En 1973, il quitte la Canebière pour rejoindre Reims, puis poursuit sa carrière en deuxième division avant de raccrocher les crampons. La suite, c'est l'entraîneur. Zvunka se reconvertit sur les bancs, dirige plusieurs clubs en France, transmet aux gamins ce qu'il a appris pendant ses années de défenseur de devoir.
Son frère Victor Zvunka, passé lui aussi par Marseille, fera également une carrière d'entraîneur réussie. Les Zvunka, c'est une histoire de famille, et un bout de l'histoire de l'OM des années 70. Un bout qu'on n'a pas le droit d'oublier.