Alen Bokšić

Attaquant Croatie 1992-1993 Légende
11 Numéro
1970-01-21 Naissance

L'homme

Né à Makarska en janvier 1970, sur la côte dalmate, Alen Bokšić appartient à cette génération de footballeurs yougoslaves nés dans un pays qui disparaîtra avant qu'ils aient le temps de devenir grands. Le gamin pousse à l'Hajduk Split, le club mythique de la côte, là où le foot est une religion presque aussi sérieuse que la mer. Avant-centre racé, dégingandé, rapide, il fait partie de cette nouvelle vague croate qui va exploser au début des années 90.

Repéré en 1991, il passe par l'AS Cannes en prêt avant que l'OM ne sorte le chéquier l'été 1992. Tapie veut un attaquant de classe mondiale pour accompagner le projet européen. Bokšić arrive avec 22 ans au compteur et une réputation de finisseur clinique.

À l'OM

Une seule saison, mais quelle saison. Bokšić débarque dans un vestiaire qui sent déjà la coupe aux grandes oreilles. Goethals lui confie la pointe de l'attaque, et le Croate répond de la plus belle des manières : 23 buts en championnat, meilleur buteur de Division 1 cette année-là. À côté de Rudi Völler qui décroche et combine, Bokšić joue la profondeur, attaque les espaces, étire les défenses adverses. Le duo fonctionne au cordeau.

En Ligue des champions, il est titulaire à Munich le 26 mai 1993. Il joue la finale contre l'AC Milan. Quand Marcel Desailly verrouille le milieu et que Basile Boli plante de la tête, Bokšić court partout pour fixer la défense rossonera. Le coup de sifflet final le surprend en plein effort. Il est champion d'Europe à 23 ans.

Le palmarès

Champion d'Europe 1993. Meilleur buteur de Division 1 1992-1993 avec 23 réalisations. Un titre, une couronne individuelle, en douze mois.

Ce qu'on retient

L'attaquant du sacre, c'est lui. Son passage court reste marquant car il appartient à l'effectif champion d'Europe. Pas le temps de devenir une icône comme Papin, pas le temps de gagner les cœurs sur la durée comme Boli, mais une trace indélébile : titulaire à Munich, meilleur buteur du championnat, partie intégrante de la plus belle nuit du club. On aurait aimé le garder. L'affaire VA-OM et la chute brutale du club en ont décidé autrement.

Après l'OM

Bokšić file à la Lazio Rome dès l'été 1993, contre un chèque historique. Il y reste trois saisons avant un crochet par la Juventus, puis retour à la Lazio, puis Middlesbrough en Angleterre où il devient idole du Riverside Stadium. International croate, il dispute la Coupe du monde 1998 où la Croatie termine troisième. Reconverti agent et conseiller après sa carrière, il reste discret. Mais à Marseille, on n'oublie pas. Le 11 dans le dos, l'accélération dévastatrice, et cette étoile européenne accrochée au maillot pour toujours.