Ndiaye, Al-Hilal s'invite et le retour s'eloigne

Al-Hilal a décroché son téléphone pour appeler Everton. Et d'un coup, le petit fantasme qu'on entretenait depuis six semaines prend un sacré coup dans l'aile.

On en parlait à la mi-juin : Iliman Ndiaye avait lâché que l'histoire avec l'OM n'était "pas du tout finie", qu'il regrettait presque d'être parti trop tôt, que deux saisons de Premier League l'auraient armé pour mieux réussir en Ligue 1. On avait tous relu la phrase deux fois, comme on relit un message qu'on espérait recevoir depuis longtemps. Voilà que le dossier prend un autre chemin, celui du Golfe, et que la nuance est de taille.

D'après Fabrizio Romano, Al-Hilal a ouvert les discussions avec Everton pour l'attaquant sénégalais. Le club saoudien sortait d'un échec sur Ousmane Dembélé, et il lui fallait un profil offensif capable de jouer sur plusieurs postes. Ndiaye coche les cases : polyvalence, âge, un bilan de 214 matchs pour 44 buts et 23 passes décisives en carrière. Ils viennent de mettre 77 millions sur Crysencio Summerville. Autant dire que la question du prix ne sera pas le problème.

Et c'est bien là que ça coince pour nous. Ndiaye est sous contrat à Everton jusqu'en 2029. Un club anglais qui tient un joueur quatre ans de plus ne le brade pas, surtout quand un club saoudien s'assoit à la table avec le carnet de chèques ouvert. Le retour au bercail relevait déjà de l'exercice de style financier avant cet appel. Il relève maintenant de la science-fiction.

Le joueur, lui, aurait montré qu'il n'était pas fermé à l'idée de partir là-bas. Ça arrive, on ne va pas lui faire la leçon. On a vu passer assez de départs vers l'Arabie ces dernières années pour savoir que le discours du cœur et la réalité du contrat ne font pas toujours bon ménage.

Restons lucides deux minutes : est-ce vraiment un drame sportif ? L'attaque de cette saison tourne autour d'Amine Gouiri et Igor Paixao, et le mercato OM a d'autres urgences que d'ajouter un ailier de plus dans un secteur déjà fourni. Le retour de Ndiaye, c'était surtout une belle histoire. Le gamin de Rouen passé par la Commanderie, une saison à 14 buts, un départ qu'on n'avait pas digéré. On aime bien les boucles qui se referment, à Marseille. On aime moins les additions à sept chiffres.

Alors on regardera ce dossier de loin, avec le petit pincement habituel. Un joueur nous dit qu'il pense encore à nous, et trois semaines plus tard il discute avec Riyad. C'est le foot moderne, et ça fait un moment qu'on a arrêté de s'en étonner. Reste à savoir si Everton laissera vraiment filer un joueur qu'il vient à peine de rentabiliser, ou si toute cette histoire finira comme la plupart des rumeurs de fin juillet : dans le vide.

À relire : notre article du 14 juin sur ses confidences.