Lorenzi : les transferts à 10-15M€, c'est fini

« Les transferts à 10-15 millions, c'est fini. » La sortie vient de l'entourage de Grégory Lorenzi, et elle a le mérite d'être limpide. Le nouveau directeur sportif de l'OM, débarqué de Brest fin mai, pose sa doctrine pour le mercato : on dépense moins, on réfléchit plus, et surtout on vend avant d'acheter.

Sur le papier, le raisonnement tient. Lorenzi veut s'appuyer sur les jeunes du centre de formation, sur les profils en sortie de formation, sur des contrats raisonnables. Faire mieux avec moins. Il parle processus, critères objectifs, progression mesurable, refuse les promesses en l'air et réclame du temps. McCourt lui aurait accordé dix-huit à vingt-quatre mois pour bâtir un groupe cohérent, solidifier la défense et le milieu, et faire monter les gamins de la Commanderie. Un plan sur la durée, pas un feu d'artifice de deux mois.

Alors forcément, on a envie d'y croire. Sauf qu'à Marseille, ce discours, on l'a déjà entendu cent fois. À chaque changement de direction, on nous vend la rigueur, la stratégie, le projet au long cours. Et puis un été s'emballe, une occasion se présente, et le chéquier ressort du tiroir. La formule « si l'OM ne perd pas, l'OM ne recrute pas » sonne comme une évidence comptable, mais elle dit surtout une chose : cette saison, il faudra vendre pour renforcer. Les prêts avec option d'achat vont redevenir à la mode.

Ce virage a sa logique. Après des années de dépenses parfois hasardeuses et une cinquième place au classement Ligue 1 qui envoie l'OM en Ligue Europa, le club se serre la ceinture, comme Lyon avant lui. La règle UEFA ne laisse plus beaucoup d'air. Reste à savoir si la méthode survivra au premier coup de chaud, quand un cadre voudra filer ou qu'un joueur courtisé passera dans le viseur (coucou le dossier Medina et River Plate). Le mercato OM dira vite si les mots deviennent des actes. Pour l'instant, on note, on range, et on attend de voir. Attendre, ça, on sait faire.