Lorenzi : Benatia n'a plus aucun rôle à l'OM

Il fallait bien que quelqu'un le dise à voix haute. Devant la presse mercredi, Grégory Lorenzi a coupé court aux rumeurs qui traînaient depuis des semaines : « Medhi Benatia n'a pas du tout de rôle au sein de l'Olympique de Marseille, il n'est plus sous contrat. » C'est net, et ça règle un feuilleton qui commençait à polluer l'été.

Le bruit courait pourtant : Benatia parti mais Benatia toujours là, la main dans les dossiers, influent depuis les coulisses. À Marseille, on adore ce genre d'histoire, celle du dirigeant fantôme qui tire les ficelles depuis son canapé. C'est romanesque. C'est aussi, visiblement, faux.

Ce que Lorenzi a reconnu, c'est autre chose, et c'est beaucoup plus banal : une passation. « Medhi a été directeur sportif ces derniers mois et Medhi avait forcément initié des sujets. Lorsque je suis arrivé, je les ai pris en cours et on a collaboré pour qu'il y ait une bonne passation entre tous ces sujets. » Traduction : le nouveau directeur sportif a hérité de dossiers en chantier et a demandé au précédent de lui expliquer où il en était. Dans n'importe quelle entreprise, ça s'appelle faire son boulot correctement. À l'OM, ça devient une affaire d'État.

Le distinguo mérite d'être posé, parce qu'il dit quelque chose de la méthode. Un directeur sportif qui récupère un mercato à mi-parcours, ça ne se pilote pas en claquant des doigts. Greenwood vendu à Fenerbahçe, les options levées sur trois joueurs au 1er juillet, les gros salaires à dégager : tout ça avait été lancé avant lui. Prétendre le contraire aurait été malhonnête. Lorenzi a choisi de le dire plutôt que de s'en attribuer le mérite, et c'est plutôt bon signe.

Reste que la sortie a une fonction politique évidente. Lorenzi débarque dans un club où tout le monde a un avis, où le moindre transfert est disséqué, et où l'ombre du prédécesseur pèse vite. En verrouillant le sujet dès sa présentation, il pose son territoire : le mercato OM, c'est lui, avec Bruno Genesio à côté et Stéphane Richard au-dessus. Pas de troisième homme dans la pièce.

On verra bien si ça tient. À Marseille, un organigramme, ça survit rarement à une saison pleine. Mais au moins, cette fois, on sait qui décroche le téléphone.