Benatia, l'homme de l'ombre du mercato OM
Officiellement, Medhi Benatia n'est plus rien à l'OM. Plus de titre, plus de bureau, plus de fiche de paie. Et pourtant, à chaque dossier qui bouge cet été, on retrouve son nom quelque part dans les marges. Le Marocain a rendu son costume de directeur sportif, mais visiblement pas son carnet d'adresses.
D'après L'Équipe, il garderait une relation étroite avec Frank McCourt et continuerait de peser sur les grandes manœuvres. Concrètement, il donnerait un coup de main sur les ventes, celles qui rapportent gros et qui font vivre le club. Mason Greenwood, Amine Gouiri, Leonardo Balerdi : les noms qui circulent sur le mercato OM sortant passeraient, d'une façon ou d'une autre, par son réseau.
Le truc, c'est que tout ça se fait sur la base du volontariat, sans contrat, sans cadre officiel. Grégory Lorenzi est arrivé pour prendre la suite, avec ses méthodes et ses idées. Et pendant qu'il installe ses meubles, l'ancien continue de tirer quelques ficelles depuis les coulisses. Daniel Riolo, sur RMC, va jusqu'à le présenter comme un rouage toujours indispensable de ce mercato. D'autres, dans les milieux professionnels, trouvent la cohabitation un peu bizarre. On les comprend.
Ce genre de situation, on l'a déjà vue mille fois chez nous. Les organigrammes changent, les hommes forts restent dans l'ombre, et personne ne sait vraiment qui décide de quoi. À la Commanderie, la frontière entre l'influence et le pouvoir a toujours été floue. Benatia connaît la maison, il connaît les agents, il sait où appuyer pour débloquer un transfert. Sur le papier, c'est un atout pour une transition en douceur. Dans les faits, ça pose une question simple : jusqu'où va la marge de manœuvre de Lorenzi si le prédécesseur reste dans la boucle ?
On aimerait bien que ce soit clair, une bonne fois. Que celui qui construit l'effectif ait les mains libres pour le faire. Parce que les mercatos à plusieurs pilotes, on connaît la chanson, et rarement pour le meilleur. Reste à voir si cette collaboration informelle tient la distance ou si elle finit par créer des frictions dès la première grosse vente de l'été.