On pensait avoir tourné la page hier. Pas tout à fait. Si le scénario d'une exclusion des Coupes d'Europe semble bel et bien écarté, comme on l'écrivait dans notre article du 15 juin, l'UEFA n'a toujours pas posé son tampon officiel sur le dossier. Et tant que rien n'est signé, tout se joue encore.
Ce qui se passe en ce moment, c'est une partie de poker discrète entre la direction marseillaise et la chambre financière de l'instance. Le principe d'une amende est acté. Reste le plus important pour les caisses du club : combien, sur combien de temps, et avec quelles conditions accrochées derrière. Chaque report du verdict, et il y en a eu plusieurs ces dernières semaines, n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. C'est aussi du temps gagné pour arracher des termes moins durs.
Ce qui se négocie vraiment
Au-delà du chèque, le vrai sujet, c'est l'encadrement. L'UEFA peut assortir sa sanction de restrictions sur la liste des joueurs inscriptibles en compétition européenne, ou d'un plafonnement de la masse salariale. Autrement dit, des contraintes qui pèsent directement sur la construction de l'effectif. La direction pousse pour limiter la casse sur ce terrain-là, parce qu'une amende, ça se paie une fois, alors qu'un encadrement, ça enchaîne le club saison après saison.
Le décor, on le connaît : 157 millions d'euros de pertes nettes sur trois saisons pointés par la DNCG, en rupture avec l'accord de règlement signé avec l'UEFA en 2022. Marseille n'arrive pas en position de force. Le club doit montrer patte blanche, promettre un retour à l'équilibre, et accepter une forme de surveillance rapprochée. Le tout en gardant son ticket européen, ce qui reste l'essentiel.