L'UEFA et la menace d'exclusion de Ligue Europa

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On rêvait de Coupe d'Europe, on va peut-être la regarder à la télé. Pas seulement la Ligue des Champions, qu'on suivra du canapé après une saison terminée sans qualif. Le jeudi soir aussi, celui de la Ligue Europa, pourrait nous passer sous le nez. Et cette fois, ce n'est pas une question de classement. C'est une question de comptes.

D'après L'Équipe, l'UEFA examine ce mardi à Nyon la situation financière du club, et le tableau n'est pas joli. Les chiffres de la DNCG parlent d'eux-mêmes : près de 157 millions d'euros de pertes nettes cumulées sur trois saisons. Une courbe qui ne fait que plonger. Moins 12,7 millions en 2022-2023, puis moins 39,1 millions l'année suivante, et un trou de 105 millions sur le dernier exercice. On ne se redresse pas, on s'enfonce.

L'accord de 2022 qu'on n'a pas tenu

Le problème remonte à 2022. À l'époque, déjà hors des clous, l'OM signe un "accord de règlement" avec le gendarme financier de l'UEFA pour éviter le pire. Une amende relativement douce, 2 millions d'euros dont 1,7 avec sursis, contre un engagement clair : revenir à l'équilibre. Concrètement, ne pas dépasser 60 millions de déficit sur trois saisons, avec l'actionnaire qui éponge au moins 55 millions.

Cet engagement, on ne l'a pas respecté. Loin de là. Au lieu d'entrer dans le fameux cercle vertueux que tous les présidents nous promettent à chaque rentrée, la maison a continué de prendre l'eau. Masse salariale énorme, train de vie du secteur sportif difficile à justifier, dépenses encore à venir. Les nouveaux dirigeants, eux, ont ouvert les dossiers et compris l'ampleur du truc.

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Ce qui peut tomber

Le cas de l'OM est traité comme celui des autres clubs sous accord de règlement. Le PSG, tranquille. L'OL, au milieu du processus, a priori sans sanction lourde. Monaco aussi. Marseille, lui, paraît clairement le plus exposé du lot. La défense marseillaise existe : invoquer la crise des droits télé en France, ce gâchis qui a asséché les caisses de tout le championnat. Reste à savoir si Nyon l'entend. Par le passé, la commission a su assouplir ses propres règles pour des cas extrêmes, les clubs ukrainiens frappés par la guerre, les clubs turcs ruinés par l'effondrement de leur monnaie. Une crise des droits télé, ce n'est peut-être pas tout à fait le même registre.

Si les experts financiers restent inflexibles, la sanction peut grimper jusqu'à l'exclusion de la Ligue Europa pour la saison prochaine. Une hypothèse qui, en interne, n'a plus rien d'absurde.

"L'OM est en risque sérieux au niveau de l'UEFA, mais rien n'est définitivement acté, de ce que j'ai compris", glisse un ancien dirigeant du club.

Un cabinet de conseil, Tifosy Capital, a d'ailleurs mené un audit ces dernières semaines. Au départ, l'état-major marseillais regardait surtout du côté des ennuis potentiels de l'OL, histoire d'en profiter. Et puis il a réalisé que le danger le visait aussi, et il a accéléré son lobbying. Sollicité, le club n'a pas voulu commenter officiellement.

L'addition ne s'arrête pas à Nyon. Le 18 juin, après plusieurs reports, l'OM passera devant la DNCG française. Là, selon plusieurs sources, un encadrement de la masse salariale est une piste crédible. De quoi compliquer encore un mercato qu'on espérait ambitieux après les 53 millions encaissés en Ligue des Champions. Entre une valorisation qui tient le rang en Europe et des comptes qui font peur à l'UEFA, on est en plein paradoxe marseillais.

On a connu des étés tendus. Celui-là pourrait l'être aussi, sauf que pour une fois, le suspense ne se joue pas sur un attaquant à recruter, mais sur notre droit de jouer le jeudi soir. Réponse ce mardi.