Marseillaises : Chabot arrive, le grand chantier

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On en parlait il y a trois semaines, quand Tess Laplacette avait plié bagage dans la foulée de Corinne Diacre. On pensait avoir touché le fond du renouvellement. On n'avait encore rien vu.

Petit rappel pour ceux qui ont décroché. Le 13 mai, Diacre quitte le banc des Marseillaises après une seule saison. Maintien assuré, 9e place, 19 points dont 16 grappillés depuis son arrivée en octobre : sur le papier, mission remplie pour une équipe qui découvrait l'Arkema Première Ligue. Sauf que le projet 2026-2027 a coincé. L'entraîneuse réclamait des joueuses d'expérience, au profil international, pour encadrer un groupe trop jeune. La direction, par la voix du directeur général Stefano Petruzzo, a répondu budget. Pas de garanties, pas de prolongation. "On ne se sépare pas fâchés", a-t-elle lâché. La formule polie des divorces qui sentent quand même le roussi.

Le lendemain, Laplacette s'en va à son tour. La capitaine, première à porter le brassard au Vélodrome pour les filles en mars dernier, claque la porte sans un mot d'explication. Quand le coach et la capitaine partent à vingt-quatre heures d'intervalle, ce n'est plus un départ, c'est un signal.

Et puis début juin, la liste s'allonge encore. Antoine Ferreira, le directeur sportif arrivé l'été dernier, est remercié sans le moindre communiqué. Ses rapports avec Diacre avaient viré au glacial, l'entraîneuse lui reprochant ouvertement un mercato hivernal famélique. Absent des Trophées LFFP le 18 mai, absent des entretiens de fin de saison avec les joueuses : le bonhomme avait déjà un pied dehors depuis un moment. Ajoutez une dizaine de joueuses en fin de contrat qui ne rempileront pas, et vous obtenez une feuille presque blanche.

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Reste l'embellie, parce qu'il en faut bien une. Le 29 mai, l'OM a nommé Nicolas Chabot. Trente et un ans, élu meilleur entraîneur de la saison en Arkema Première Ligue, auteur d'une belle 4e place avec Nantes. Bon, il y a aussi eu cette demi-finale où ses Nantaises ont pris un 8-0 par l'OL, mais personne n'est parfait. Contrat de trois ans, staff complet dans la valise. Sur le papier, un jeune coach moderne pour relancer une machine grippée.

On la connaît, nous, la chanson. On nous avait vendu le top 3 dès la deuxième saison. On se retrouve à tout reconstruire : un banc, un effectif, une colonne vertébrale, une idée de jeu. La vraie question, ce n'est pas Chabot, qui mérite largement sa chance. C'est de savoir si la direction met enfin les moyens de ses ambitions, ou si les féminines vont revivre le cycle bien marseillais qu'on subit côté garçons depuis trente ans : promesses en fanfare, turbulences, refonte, on recommence.

Rendez-vous en août pour découvrir à quoi ressemble cette nouvelle équipe. D'ici là, on croise les doigts. Comme d'habitude.