Gouiri, 6e Marseillais a marquer en Coupe du monde

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On a déjà raconté le but qui a sauvé l'Algérie sur le fil face à la Jordanie. Sauf qu'en grattant un peu, ce ballon poussé au fond vaut bien plus qu'une qualification pour les huitièmes. Il fait entrer Amine Gouiri dans une liste qu'on ne consulte pas tous les jours : celle des joueurs passés par l'OM qui ont marqué en Coupe du monde sous un autre maillot que le bleu-blanc.

Ils sont six, désormais. Et le club est sélect. Ça commence en 1938 avec Vilmos Kohut, le Hongrois qui portait déjà le maillot phocéen quand le foot français ressemblait encore à un loisir du dimanche. Puis il faut attendre 1994 et un certain Rüdi Völler, buteur avec l'Allemagne, lui qui venait à peine de raccrocher les crampons côté Vélodrome après nous avoir fait vibrer. Vient ensuite Gabriel Heinze en 2010, le guerrier argentin qu'on n'oublie pas, suivi d'André Ayew en 2014 avec le Ghana, gamin de la Commanderie devenu cadre des Black Stars. Et puis Bamba Dieng en 2022, le môme du centre dont on avait tous flairé le potentiel avant qu'il file ailleurs.

Six noms sur près de quatre-vingt-dix ans de Coupes du monde. Autant dire que Gouiri ne rejoint pas n'importe quelle compagnie. Pour un attaquant arrivé l'hiver dernier, encore en plein apprentissage de ce que veut dire jouer devant le virage, c'est une ligne qui restera. On parle d'un joueur qui en est à 8 buts et 3 passes décisives en 22 matchs de Ligue 1 cette saison, une moyenne de 7 de moyenne, le genre de bilan qui ne fait pas de bruit mais qui compte quand on additionne à la fin.

Son rendement international raconte la même histoire que son rendement marseillais : 8 buts en 22 sélections avec l'Algérie, mais une vraie disette dans les grands rendez-vous. Le Mondial, justement, c'était l'épreuve où il n'avait encore rien montré. Le voilà débloqué au pire moment pour les défenses adverses, à 26 ans, l'âge où un attaquant arrête de promettre et se met à livrer.

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C'est tout le paradoxe du bonhomme, qu'on connaît bien au Vélodrome. Capable de s'effacer une heure, de rater des occasions à se taper la tête contre les murs, puis de surgir pour le geste qui compte. Discret contre l'Argentine, remplacé même, et finalement décisif contre la Jordanie. À Marseille, on a appris à composer avec ce tempérament d'attaquant à éclipses. Manifestement, l'Algérie aussi.

Reste à savoir ce qu'il fera de la suite. Un Mondial poussé loin dans les jambes, de la confiance plein le sac, et c'est l'OM qui touchera les dividendes à la reprise. En attendant, son nom est gravé quelque part entre Völler et Ayew. Pas le pire endroit où s'installer.