Vélodrome en stade mort : le plan des ultras pour Rennes

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On en parlait hier, aujourd'hui c'est calé. Les groupes ultras de l'OM se sont réunis mardi et le plan est posé pour les deux dernières journées de Ligue 1 : pas un Marseillais au Havre samedi prochain, et un Vélodrome en stade mort la semaine d'après contre Rennes. Ce que rapportent Football Club de Marseille, Score et Foot Marseille converge sur ces deux décisions, prises collectivement, assumées publiquement.

Stade mort, ça veut dire quoi à Marseille ? Pas de banderoles, pas de tifo, pas d'animations organisées dans les virages. Aucun chant lancé par les groupes. Le public peut venir, mais le décor sera nu. Pas d'insultes, pas de fumigènes, pas de débordements : la consigne est limpide, on coupe le son et la couleur. Une rare démonstration de rejet froid, sans violence, sans bagarre, juste l'absence. Et l'absence à Marseille, ça pèse plus qu'ailleurs.

Le Havre, étape numéro un

Avant le Vélodrome, il y a le Stade Océane. La J33 nous envoie au Havre samedi, et les groupes ont tranché : aucun déplacement. Pas un car, pas un train organisé, pas une parka bleu et blanc dans le parcage visiteurs. Sur le papier c'est anecdotique, dans les faits ça envoie un signal fort à l'équipe et à la direction : on ne paie plus pour aller voir ça. Les gars qui font 1 200 km aller-retour habituellement ne se déplaceront pas. Ce sont eux qui décident, pas la direction, et c'est précisément le message.

Rennes, le clou

La J34 contre Rennes sera la dernière à domicile en Ligue 1 cette saison. Sur ce match, le rejet sera mis en scène. Les virages se taisent, les bâches restent au placard, l'équipe entrera sur une pelouse sans habillage de tribune. Un Vélodrome qu'on n'a presque jamais vu comme ça. Le club a connu des grèves de chants ponctuelles, des banderoles cinglantes, des matchs houleux. Mais un stade mort programmé pour la dernière à la maison, ça raconte autre chose : une rupture entre la tribune et tout ce qui n'est pas elle. Pas seulement Habib Beye ou les joueurs, mais l'écosystème club au complet, direction comprise.

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La colère a une histoire

Ça ne sort pas de nulle part. La saison s'est effondrée semaine après semaine, la mise au vert prolongée à la Commanderie a passé pour une mise au coin, les cadres parlent peu et mal, et on s'enfile une onzième défaite en L1 à hauteur de la saison Michel 2015-2016. Pendant ce temps, les seuls bruits qui sortent du club sont des fuites, des rumeurs de mercato OM à 35 millions, et des plans réunions à Paris. À un moment, ça craque.

Reste à voir ce que ça produit. Sur le terrain d'abord : jouer un match avec un Vélodrome muet, ça peut casser les jambes ou réveiller des consciences. Sur la direction ensuite : Pablo Longoria a déjà connu des virages remontés, jamais à ce niveau de mise en scène, jamais juste avant un mercato qu'il faudra réussir. Et puis les supporters savent ce qu'ils font. Ils ne hurlent pas, ils ne cassent pas, ils retirent. C'est plus fort, et c'est plus dur à retomber.