Quand on dirige le sportif de l'OM, on apprend très vite à choisir ses mots. Surtout sur un sujet. Surtout sur le PSG. Visiblement, à quelques jours de boucler définitivement son chapitre marseillais, Mehdi Benatia a oublié ce détail. Invité par Aurélien Tchouaméni sur le format vidéo The Bridge, l'ex-international marocain a glissé une petite phrase qui passe assez mal sur les rives du Vieux-Port.
Le contexte : Tchouaméni lui demande s'il pourrait imaginer un jour travailler à Paris. Réponse de Benatia, il ne ferme la porte à rien, il ne doit rien à personne, et si dans trois ou quatre ans Nasser Al-Khelaïfi a besoin de lui pour un projet intéressant, pourquoi pas. Voilà. Dit tout sourire. Dans la même séquence, il rappelle qu'en 2015, à l'époque où il évoluait à l'Udinese, le PSG l'avait sérieusement courtisé. Il avait finalement choisi la Roma.
Marseille apprécie modérément.
Une déclaration mal calibrée, ou un signal envoyé ?
On peut lire la séquence de deux façons. La version diplomatique : Benatia répond à une question hypothétique, sur une échéance lointaine, avec la franchise qu'on lui connaît. Pas de quoi en faire un drame. La version moins arrangeante : à quelques semaines de quitter l'OM, dire à voix haute qu'on garde un bon contact avec le rival historique, c'est s'asseoir sur dix ans de symbolique. Dans le port, on ne pardonne pas ça facilement.
L'intéressé, lui, a la conscience tranquille. Il l'a dit et redit, il quitte l'OM par usure, lassé d'une saison où les tensions avec son entraîneur ont fini par le ronger. Il l'a déjà raconté dans son bilan de saison. Et il a toujours assumé d'être un libre-penseur, peu enclin à respecter les codes des clans.
En attendant, sa vraie destination reste floue
Au-delà du buzz, la question concrète est : où va vraiment atterrir Benatia ? Plusieurs pistes circulent. La plus solide, d'après Fabrizio Romano et RMC Sport, mène vers Al Ittihad en Arabie saoudite, où un poste de directeur du football l'attendrait pour succéder à Ramon Planes. La presse italienne, elle, l'envoie côté Roma, où Frederic Massara va laisser sa place. L'Équipe, plus mesuré, indique que Benatia compte d'abord prendre quelques semaines de recul avant de trancher.
À court terme, le PSG n'est donc pas un sujet. Le club parisien n'a pas non plus de poste vacant à lui offrir. La séquence est surtout symbolique, elle dit la place que Benatia se donne dans le football européen, celle d'un dirigeant qui peut frapper à toutes les portes, y compris les plus mal vues à Marseille.
On a connu plus élégant comme sortie de scène. Mais on connaissait aussi un Benatia capable de se mettre à dos une partie du Vélodrome en deux phrases. Sa succession reste l'enjeu numéro un du mercato OM à venir, avec un dossier Grégory Lorenzi qui s'éternise. Pour l'image, en revanche, on aurait préféré une autre dernière page.