Benatia-vestiaire : la fracture, Beye sort les jeunes

om benatia beye vestiaire formation 2025-2026

On en parlait samedi soir, la charge publique de Medhi Benatia contre ses joueurs après la gifle de Lorient avait tout d'un pari risqué. 48 heures plus tard, le pari s'est transformé en fracture. Et pas une petite : La Provence parle d'un divorce "béant" entre le directeur sportif et un effectif qui a très mal digéré d'être balancé au micro sans préavis.

"Rien n'est jamais de sa faute"

Les réactions se sont enchaînées toute la journée du dimanche, et aucune ne va dans le sens de Benatia. Pierre Ménès taille court : "Rien n'est jamais de sa faute." Daniel Riolo fracasse les joueurs mais renvoie aussi Benatia à ses responsabilités. Nabil Djellit parle d'"inaudible échec". Bixente Lizarazu, plus mesuré, juge la sortie "contre-productive". Dans le vestiaire, plusieurs proches des joueurs décrivent un groupe qui a trouvé la méthode choquante : on parle des problèmes en interne, pas dans les couloirs d'un stade adverse. Sur RMC, un consultant résume l'affaire d'une phrase : "Il a mis en danger l'OM et Beye."

Beye menace les jeunes, et ce n'est pas du bluff

L'autre nouvelle du jour, elle vient du staff sportif. Habib Beye, furieux lui aussi mais sans faire de scandale, aurait prévenu ses cadres que si l'implication ne remonte pas cette semaine, il n'hésitera pas à titulariser les gamins du centre de formation pour les trois derniers matchs. Le message a été relayé en interne et confirmé par plusieurs sources. Trois journées de Ligue 1, plus la réception de Nantes samedi : de quoi donner du temps de jeu à des garçons qui attendent depuis des mois.

Le plan n'a rien d'accessoire. Eurosport, dans son bilan de l'ère Benatia, soulignait un paradoxe : les jeunes issus du centre sont justement les seuls profils que le directeur sportif n'a pas recrutés. Si Beye joue cette carte, il envoie un double signal. Aux cadres : vous n'êtes pas intouchables. À la direction : j'ai les clés, j'en fais ce que je veux.

Newsletter

Côté Tribune

Chaque lundi matin, l'OM vu depuis la tribune. Résultats, analyse, ironie. Pas de spam, pas de bullshit.

Mise au vert durcie, permissions supprimées

En parallèle, le staff a durci le régime de la semaine. Entraînements doublés, repas pris ensemble à la Commanderie, permissions annulées. Ce qu'on appelait une mise au vert ressemble désormais à une punition collective. Les joueurs comprendront-ils le message, ou se braqueront-ils un peu plus ? Dans un groupe où, selon plusieurs médias, une partie de l'effectif a déjà la tête ailleurs pour cet été, ce genre de dispositif marche rarement quand la confiance est abîmée.

Quatre matchs pour sauver quelque chose

Le calendrier, lui, ne fait pas de cadeau. Nantes samedi au Vélodrome avec Pavard et Weah suspendus, puis trois finales où il faudra grappiller des points pour viser la Ligue Europa. Avec Monaco qui pouvait revenir sur l'OM ce week-end (et qui a manqué l'occasion) et Lyon qui s'est installé sur le podium, le classement Ligue 1 devient un champ de mines. La 5e place qualificative en C1 directe semble hors de portée, la 6e n'est même plus garantie. Quand le vestiaire est cassé, les jambes ne courent pas.

Reste à voir si samedi, devant un Vélodrome forcément chauffé, Beye tient parole sur les jeunes. Ce serait un coup de poker. Mais à ce stade de la saison, on a surtout l'impression qu'il n'y a plus grand-chose à perdre.