On en parlait samedi soir, la charge publique de Medhi Benatia contre ses joueurs après la gifle de Lorient avait tout d'un pari risqué. 48 heures plus tard, le pari s'est transformé en fracture. Et pas une petite : La Provence parle d'un divorce "béant" entre le directeur sportif et un effectif qui a très mal digéré d'être balancé au micro sans préavis.
"Rien n'est jamais de sa faute"
Les réactions se sont enchaînées toute la journée du dimanche, et aucune ne va dans le sens de Benatia. Pierre Ménès taille court : "Rien n'est jamais de sa faute." Daniel Riolo fracasse les joueurs mais renvoie aussi Benatia à ses responsabilités. Nabil Djellit parle d'"inaudible échec". Bixente Lizarazu, plus mesuré, juge la sortie "contre-productive". Dans le vestiaire, plusieurs proches des joueurs décrivent un groupe qui a trouvé la méthode choquante : on parle des problèmes en interne, pas dans les couloirs d'un stade adverse. Sur RMC, un consultant résume l'affaire d'une phrase : "Il a mis en danger l'OM et Beye."
Beye menace les jeunes, et ce n'est pas du bluff
L'autre nouvelle du jour, elle vient du staff sportif. Habib Beye, furieux lui aussi mais sans faire de scandale, aurait prévenu ses cadres que si l'implication ne remonte pas cette semaine, il n'hésitera pas à titulariser les gamins du centre de formation pour les trois derniers matchs. Le message a été relayé en interne et confirmé par plusieurs sources. Trois journées de Ligue 1, plus la réception de Nantes samedi : de quoi donner du temps de jeu à des garçons qui attendent depuis des mois.
Le plan n'a rien d'accessoire. Eurosport, dans son bilan de l'ère Benatia, soulignait un paradoxe : les jeunes issus du centre sont justement les seuls profils que le directeur sportif n'a pas recrutés. Si Beye joue cette carte, il envoie un double signal. Aux cadres : vous n'êtes pas intouchables. À la direction : j'ai les clés, j'en fais ce que je veux.