Lorient 2-0 OM : Benatia explose, le podium s'éloigne

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Encore une. Samedi soir au Moustoir, l'OM a rendu copie blanche et s'est fait gifler 2-0 par une Lorient affamée. À quatre journées de la fin, à un moment où une place en Coupe d'Europe se joue presque match par match, on a vu onze mecs en maillot blanc se balader sur la pelouse bretonne comme si c'était un amical de pré-saison. Pas une occase franche, pas une envie, pas un regard de feu. Rien.

Et comme à l'OM on ne fait jamais les choses à moitié, c'est Medhi Benatia qui a craqué le premier. Le directeur sportif, d'habitude prudent avec la parole, a lâché les chevaux dans les couloirs du stade. "C'est un scandale", a-t-il martelé. Traduction non officielle : il a vu ses joueurs abdiquer sans combattre, et il ne l'a pas avalé. Il a balancé ses mecs directement, sans filtre, dans un registre qu'on ne lui connaissait pas : "Combien sont rentrés dans le vestiaire et ont retourné la table ? Zéro. Tout est nickel, les bouteilles sont bien en place." Aïe.

Le Moustoir, terrain de cauchemar

Les Merlus ont gagné tous leurs duels, couru plus, pris le jeu à la gorge dès la 10e minute. Le contraste avec nos Olympiens, visiblement partis en vacances entre Marbella et la reprise, a viré à la caricature. Habib Beye, lui, a été plus policé en conférence, mais pas moins lucide : "Il n'y a rien dans notre match". Pour rappel, c'est sa troisième défaite en un an contre Lorient, après deux vestes subies avec Rennes. Une rareté statistique en Ligue 1.

Ça sent la fin de saison blasée

Benatia a eu cette phrase qui pique : quand tu as cinq finales pour la Ligue des champions, ça doit se voir. Sauf que ça ne se voit pas. Plusieurs proches des joueurs décrivent un vestiaire qui a déjà la tête ailleurs, une partie de l'effectif persuadée que son avenir se jouera ailleurs cet été. Difficile, dans ce contexte, de rebâtir un état d'esprit collectif pour quatre matchs qui pèsent pourtant un paquet de millions.

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Son plan pour les semaines à venir : plus de permissions, plus de vie sociale. "Je leur ai dit de ne rien prévoir pour les quatre prochaines semaines. On va passer plus de temps ensemble à la Commanderie, le matin, l'après-midi." Bref, mise au vert prolongée, travail intensif, régime sec. Quand un directeur sportif annonce ça publiquement le samedi soir, c'est qu'il ne croit plus à grand-chose sans mesures de force.

Podium, on en parle encore ?

Au classement Ligue 1, l'OM peut glisser à la sixième place dimanche soir si les autres gagnent. C'est son pire niveau depuis le 0-5 de Paris en début de saison, celui qui avait emporté De Zerbi. Avec quatre journées restantes et un calendrier OM loin d'être tranquille, la qualif directe en C1 via la cinquième place française s'éloigne à vitesse grand V. Il reste juste assez d'espoir pour croire à la Ligue Europa, à condition que l'équipe se réveille. Reste à savoir si le stage à Marbella a laissé des jambes... ou seulement vidé les caisses.