Les joueurs allemands de l'OM

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Le contingent allemand de l'Olympique de Marseille tient sur une main, mais il pèse lourd dans la mémoire du club. Là où le Brésil, l'Argentine ou le Sénégal ont fourni des dizaines de joueurs au fil des décennies, l'Allemagne s'est limitée à quelques signatures, presque toutes concentrées sur la même fenêtre historique. Les Allemands passés par l'OM ne sont pas nombreux, mais ils ont laissé une trace durable parce qu'ils ont coïncidé avec la période la plus glorieuse de l'histoire du club.

Une histoire née sous Tapie

C'est Bernard Tapie qui ouvre la porte au football allemand au Vélodrome, dans la deuxième moitié des années 80. Le président veut bâtir une équipe de stars, et l'Allemagne, championne d'Europe en 1980 et finaliste de la Coupe du monde 1986, regorge d'attaquants prêts à rayonner ailleurs que sur leur championnat domestique. Tapie va piocher deux fois dans la Mannschaft, à six ans d'intervalle, et les deux coups vont marquer leur époque.

Klaus Allofs, le pionnier discret

Klaus Allofs débarque à l'été 1987 en provenance du FC Cologne, à 31 ans. Buteur déjà confirmé en Bundesliga, meilleur réalisateur de l'Euro 1980 avec trois buts dans le même match contre les Pays-Bas, il arrive à Marseille avec le statut de renfort attendu. Il participe au premier titre de champion de France de l'ère Tapie, en 1988-1989, avant de rejoindre Bordeaux à l'issue de la saison suivante. Deux exercices, près de quarante buts toutes compétitions confondues, et une réputation de buteur efficace, jamais flamboyant mais redoutablement constant. Allofs incarne ce que les supporters marseillais attendaient d'un attaquant allemand : du métier, de la précision, et le sens du but au moment où l'équipe en a besoin.

Rudi Völler, le champion d'Europe

Cinq ans plus tard, Tapie recommence le coup. À l'été 1992, Jean-Pierre Papin vient de partir à l'AC Milan, et le club cherche son nouveau numéro 9. Le choix se porte sur Rudi Völler, tout juste 32 ans, champion du monde 1990, sept saisons à l'AS Roma. Le pari est risqué, le contexte tendu. Il devient l'un des cadres de l'équipe qui va inscrire son nom dans l'histoire en gagnant la Ligue des Champions le 26 mai 1993 à Munich, face au Milan AC. Soixante matchs, vingt buts en deux saisons, et la consécration européenne qu'aucun autre club français n'aura connue. Quand le scandale VA-OM rattrape le club et que la descente en deuxième division s'impose, Völler quitte Marseille pour le Bayer Leverkusen. Il restera l'un des étrangers les plus aimés du Vélodrome, justement parce qu'il a partagé avec les supporters le sommet et la chute.

Un héritage en pointillés

Après le départ de Völler en 1994 et la traversée du désert qui suit, l'OM ne recrute plus de joueurs allemands de premier plan. Les noms se font rares, presque inexistants pendant trois décennies. La Bundesliga reste un terrain de chasse occasionnel pour les recruteurs marseillais, sans déboucher sur de véritables transferts emblématiques. Cette absence prolongée donne au passage d'Allofs et de Völler une résonance particulière : ils ne sont pas les premiers d'une longue série, mais une parenthèse précise, ouverte et refermée avec l'épopée Tapie. Pour les supporters qui ont connu la Mannschaft des années 80 et 90, le maillot blanc et bleu a tout de même croisé deux fois la route du football allemand au moment où il comptait le plus en Europe.