Todibo a dit oui, la Juventus s'invite
On en parlait le 10 juillet, quand le dossier semblait mort et enterré faute de moyens. Trois semaines plus tard, la situation a bougé. Pas forcément dans le bon sens.
La bonne nouvelle d'abord : Jean-Clair Todibo a donné son accord personnel pour venir à Marseille. Le défenseur de 26 ans veut quitter West Ham, sa relation avec son entraîneur anglais est cassée, et il n'a jamais eu l'intention de passer une saison en Championship. La Ligue 1, il la connaît par cœur depuis ses années niçoises. Un retour au pays, une place de titulaire immédiate, un club qui joue l'Europe : sur le plan humain, tout est réglé.
Sur le terrain aussi, le besoin est réel. Une charnière qui a passé la saison dernière à alterner le très bon et le n'importe quoi, un secteur défensif jeune, et un entraîneur qui veut jouer haut avec du pressing. Todibo coche les cases : vitesse sur les appuis, capacité à défendre dans son dos, relance propre. Le genre de joueur qui te permet de monter ton bloc de dix mètres sans trembler.
Le reste, beaucoup moins réjouissant. Notre article du 10 juillet pointait déjà le vrai nœud du problème, et il n'a pas bougé d'un centimètre. Marseille veut un prêt d'une saison avec option d'achat conditionnée à une qualification européenne. West Ham veut vendre sec et encaisser tout de suite. Ajoute un salaire estimé à 350 000 euros par mois, que le club devrait prendre en charge intégralement pour espérer faire pencher la balance, et tu comprends pourquoi ça patine depuis le début du mois.
Nouveauté du week-end, et elle n'est pas plaisante : la Juventus s'est positionnée. Turin peut poser l'argent sur la table, Turin peut payer le salaire, Turin n'a pas besoin de vendre trois joueurs avant d'en acheter un. Face à ça, on avance avec un chéquier surveillé et la DNCG qui regarde par-dessus l'épaule. Pas la peine de se raconter d'histoires.
Il reste la condition qu'on connaissait déjà : dégraisser. Avec Leonardo Balerdi, Facundo Medina, Nayef Aguerd, Bamo Meïté et Derek Cornelius, l'arrière-garde est encombrée. Tant qu'un central n'est pas parti, l'idée même de formuler une offre sérieuse reste théorique. Et justement, Aguerd est courtisé par Al-Saad, avec une clause à 15 millions qui peut sauter du jour au lendemain. Le mercato OM tient à ce genre de dominos.
Voilà où on en est : un joueur qui veut venir, un club qui refuse de prêter, un concurrent italien qui n'a aucun de nos problèmes, et une charnière à vider avant de la remplir. Reste à savoir si quelqu'un partira assez vite pour qu'on soit encore dans la course le jour où la Juve se décidera vraiment.