Richard, nouveau président de l'OM : le pari rigueur
On l'attendait depuis avril, et voilà, c'est acté depuis mercredi. Stéphane Richard a posé ses valises à la Commanderie et récupéré les clés de la maison. L'ancien patron d'Orange devient président de l'OM, à la place de Pablo Longoria. Autant te le dire tout de suite : ça va changer d'ambiance.
Le bonhomme ne vient pas du foot, et il ne s'en cache pas. Il vient des chiffres, des bilans, des conseils d'administration. Et des chiffres, à l'OM, il y en a un qui fait mal : le trou dans les comptes. Dans ses premiers mots, Richard n'a pas tourné autour du pot. « Il y a eu de toute évidence un problème de maîtrise », a-t-il lâché à L'Équipe. Traduction maison : on a dépensé sans compter, on a recruté au petit bonheur, on a viré des entraîneurs comme on change de chemise. On connaît la chanson.
Son plan ? Remettre le club sur des rails financiers sains. Objectif affiché : ramener la masse salariale sous les 100 millions par an. Ça veut dire du dégraissage, forcément. Ça veut dire aussi arrêter de bâtir un effectif à coups de paris à 20 millions qui finissent sur le banc. Richard parle d'un modèle moins accroché aux seuls résultats sportifs, adossé à des partenariats qui durent. Sur le papier, c'est du bon sens. À l'OM, le bon sens n'a jamais été la denrée la plus courante.
Pour l'accompagner, il a déjà posé ses hommes. Grégory Lorenzi hérite de la direction sportive, Bruno Genesio reste sur le banc. Une gouvernance qu'on nous vend comme celle du sérieux et de l'apaisement. Après les années de tempête, on ne va pas cracher dessus.
Reste la vraie question, celle que tout le Vélodrome se pose : est-ce qu'on peut serrer les cordons de la bourse sans dégringoler au classement ? Richard jure que non, que l'ambition reste intacte, juste mieux gérée. On a déjà entendu ce refrain, des dirigeants qui promettaient la lune avant de nous laisser les yeux pour pleurer. Mais celui-là a un CV qui rassure un peu plus qu'un vendeur de rêve.
On va le regarder faire. Le mercato de cet été sera son premier vrai test, et il démarre dans un contexte tendu, avec une DNCG à convaincre et un effectif à remodeler. Pour le reste, rendez-vous sur la pelouse : c'est là que se jugent les présidents, pas dans les salles de réunion. On y croit, forcément. On y croit toujours.