Rulli et Medina en finale du Mondial avec l'Argentine

Deux Olympiens à quatre-vingt-dix minutes d'une étoile. Mercredi soir, l'Argentine a ressorti le tour qu'elle seule maîtrise vraiment : menée par l'Angleterre après l'ouverture du score de Gordon à la 55e, elle a retourné sa demi-finale en cinq minutes, Enzo Fernández à la 85e puis Lautaro Martínez dans le temps additionnel. 2-1, rideau, et une deuxième finale de Coupe du monde d'affilée. Dimanche, l'Albiceleste défendra son titre face à l'Espagne, avec Gerónimo Rulli et Facundo Medina dans le groupe.

Remplaçants, tous les deux. Autant le dire tout de suite, parce qu'on ne va pas se raconter d'histoires : depuis le début des matchs à élimination directe, ni le gardien ni le défenseur n'ont vu la pelouse. Rulli est le troisième portier d'une hiérarchie verrouillée, Medina attend son tour derrière une charnière que Scaloni ne touche plus. Ils s'entraînent, ils applaudissent, ils portent le sac. Ce n'est pas glorieux dit comme ça, mais demande à n'importe quel joueur s'il échangerait sa place.

Parce qu'une médaille de champion du monde, ça ne se pèse pas au nombre de minutes jouées. Ça se pose sur une étagère et ça reste là quarante ans. Et pour l'OM, ce serait une première ligne au palmarès collectif du club : deux joueurs sous contrat, champions du monde en même temps, ça ne s'est jamais vu sur la Canebière. On a eu Deschamps et Blanc en 98, mais ni l'un ni l'autre ne portait le maillot à l'époque.

Ce qui frappe, c'est la constance du scénario argentin. Menée, poussée dans les cordes, incapable de dérouler pendant une heure, et puis Messi qui trouve deux ballons impossibles et tout s'écroule en face. Scaloni parle de l'état d'esprit du groupe, la formule est un peu usée, mais quand tu gagnes trois matchs de suite dans les dix dernières minutes, tu as le droit de la ressortir.

Pour Rulli, il y a aussi un versant plus terre à terre. À 34 ans, le gardien rentrera de ce Mondial avec quelques semaines de retard sur la préparation, pendant que le groupe transpire à Abidjan. Genesio devra composer, et la question du poste de numéro un se posera forcément à la reprise. Medina, lui, revient tout juste d'un transfert définitif à 18 millions et n'a pas besoin d'une finale pour savoir qu'on l'attend au tournant. Le calendrier OM ne fera de cadeau à personne.

Dimanche 20h, donc. On sera devant, on criera pour deux gars qui ne joueront probablement pas. C'est ça aussi, être supporter.