Réforme du foot français : ce qui change pour l'OM

On nous a longtemps expliqué que le foot français était mal géré, mal réparti, mal ficelé. Hier, le Parlement a fini par voter une réforme censée remettre un peu d'ordre dans tout ça. Et pour une fois, il y a des choses qui nous concernent directement.

Le morceau qui nous intéresse en premier : les droits TV. Jusqu'ici, l'écart entre le club le mieux doté et le moins bien loti pouvait grimper de 1 à 7. Le riche empochait sept fois plus que le pauvre, tranquillement. La nouvelle loi ramène ce rapport à 1 à 3 maximum. Pour un club comme le nôtre, cinquième la saison passée au classement, ni tout en haut de la pyramide ni au fond du trou, ça veut dire une répartition moins déséquilibrée. On ne va pas se transformer en émirat du jour au lendemain, mais l'écart avec ceux qui raflaient tout se resserre. De quoi peser un peu plus au moment de sortir le carnet de chèques sur le mercato.

Deuxième mesure qui va faire jaser : le plafonnement des salaires des dirigeants, limités à 450 000 euros par an, avec dérogation possible. De quoi calmer certaines ardeurs dans les bureaux. Frank McCourt et les nôtres devront composer avec ces nouvelles règles comme tout le monde.

Le vrai feuilleton, c'est la multipropriété. L'Assemblée avait d'abord voté une interdiction pure et simple. Le texte final a reculé : plutôt qu'un couperet, on confie à la DNCG le pouvoir de trancher au cas par cas et de bloquer une acquisition qui poserait souci. Les fédérations reprennent aussi la main sur les ligues pro, notamment pour la gestion des droits audiovisuels. Un rééquilibrage des pouvoirs qui ne fera pas que des heureux du côté de la LFP.

Et puis il y a la ligne qui va nous faire sourire, avouons-le. La loi durcit les règles sur la double casquette : impossible désormais de présider une ligue tout en ayant des intérêts personnels dans l'audiovisuel. Traduction : un certain Nasser Al-Khelaïfi, patron du PSG et grand manitou de beIN, est directement visé. Voir le boss parisien coincé par une mesure anticorruption, ça n'efface pas les titres, mais ça met un peu de baume au cœur.

Reste la lutte contre le piratage, confiée à l'Arcom, et la création d'une société commerciale par les fédérations. Du costaud sur le papier.

Alors, révolution ou coup d'épée dans l'eau ? On connaît la musique, les belles lois et la réalité du terrain font parfois deux. Mais si les droits TV finissent vraiment mieux partagés, l'OM fait partie de ceux qui ont à y gagner. On verra bien ce que ça donne quand les premiers chèques tomberont.