Nice 0-3 : la charnière de l'OM a pris l'eau
Trois-zéro. Pas au Vélodrome, pas devant 60 000 personnes, mais à la Commanderie, à huis clos, sous une pluie de fin du monde. Ça ne compte pas au classement, d'accord. Ça pique quand même.
Bruno Genesio alignait samedi après-midi une défense de fortune. Pas d'Aguerd, pas de Medina, pas de Balerdi, pas de Rulli non plus. Jeffrey De Lange dans les cages, CJ Egan-Riley en patron improvisé de la charnière avec le jeune Hilan Hamzaoui à ses côtés, Emerson Palmieri à gauche et Kelyann Bezahaf à droite. Un attelage qui n'avait jamais joué ensemble et qui ne rejouera probablement jamais ensemble.
Nice n'a pas eu besoin d'en faire des tonnes. Mantsounga a puni une belle action azuréenne à la 20e, Sofiane Diop a profité d'un cafouillage plein axe à la 42e, et Abdoulaye Camara a plié l'affaire en seconde période au bout d'un raid de Mohamed-Ali Cho. Trois buts, trois transitions, trois fois la même maladie.
Le paradoxe est là : on a eu le ballon. Après une première alerte signée Jonathan Clauss, l'OM a pris la rencontre à son compte, et il a fallu deux interventions de Teddy Boulhendi pour empêcher Igor Paixão d'ouvrir le score. Neal Maupay, face à son ancien club, a touché la réduction du score du bout de la tête en début de seconde période. Rien n'est rentré. C'est un classique de la maison.
Ce qu'on a vu de Genesio n'est pas rien pour autant : bloc haut, pressing, contre-pressing, une paire Angel Gomes - Pierre-Emile Højbjerg à la récupération et un trio Mmadi-Harit-Paixão chargé d'alimenter la pointe. Les intentions sont lisibles. Les automatismes, eux, n'existent pas encore, et un bloc haut sans automatismes, ça s'appelle un boulevard pour l'adversaire.
Fin juillet, effectif amputé de ses internationaux, deuxième match de préparation : il y a mille raisons de relativiser. Il y en a une de tendre l'oreille, c'est que la fragilité en transition n'a rien d'une nouveauté chez nous. Le calendrier OM annonce Nîmes le 30 juillet à la Commanderie, puis l'Athletic Bilbao le 9 août et l'Atlético de Madrid le 14 au Vélodrome. Contre les deux derniers, ce genre de trous ne pardonnera pas.