Nasri entendu dans une affaire de blanchiment
On l'a vu débarquer gamin à la Commanderie, le pied gauche déjà en or et la timidité des débuts. Vingt ans plus tard, c'est la police judiciaire financière de Paris qui l'a retenu une bonne partie de la journée du jeudi 9 juillet. Dix heures d'audition pour Samir Nasri, entendu dans une enquête pour blanchiment liée à un trafic organisé. Rien à voir avec le foot, tout à voir avec un nom qu'on a longtemps chanté au Vélodrome.
D'après les éléments qui filtrent, l'affaire tourne autour d'un établissement de nuit, le XS à Ivry-sur-Seine, par lequel des mouvements d'argent suspects auraient transité. Les enquêteurs cherchent à savoir si l'ancien international n'était que le gérant d'une boîte ou s'il y a davantage. Nasri, lui, conteste toute implication volontaire. À l'issue de sa garde à vue, il est ressorti libre, sans mise en examen. L'enquête continue, les comptes seront épluchés, et c'est la suite qui dira où s'arrête son rôle.
Nous, on préfère se souvenir d'autre chose. Du meneur qui ralentissait le tempo quand tout le monde s'affolait, du Marseillais formé au club qui a donné quatre vraies saisons avant de partir voir ailleurs, comme tant d'autres pépites que la Commanderie sort et ne garde jamais. Samir Nasri, c'était l'élégance et l'intelligence, le foot comme on rêverait tous d'y jouer. De 2004 à 2008, on l'a vu grandir sous nos yeux, de l'ado qui rentrait en fin de match à l'international qui dictait le jeu.
La suite, on la connaît. Arsenal, City, les Bleus, une carrière à rebondissements et une réputation de caractère. Aujourd'hui, c'est un autre genre de projecteur qui se braque sur lui, beaucoup moins flatteur. Présomption d'innocence, évidemment : rien n'est jugé, rien n'est prouvé, et une garde à vue n'est pas une condamnation.
Reste cette drôle de sensation quand un nom qui a fait vibrer le Vélodrome se retrouve dans une page justice plutôt que dans une page sport. On aurait préféré en parler pour une reconversion, un poste de consultant, un retour du côté des terrains. On verra bien ce que l'enquête donnera. En attendant, on garde le pied gauche en mémoire, et on laisse la justice faire son travail.