Traoré prêté au Genoa : l'histoire s'arrête là
Un an et demi après son arrivée, Hamed Junior Traoré refait ses valises. Direction Gênes, en prêt payant avec option d'achat. On avait envie d'y croire, pourtant.
Les chiffres du deal, d'après Foot Mercato : 2 millions pour le prêt, 8 millions pour l'option, et le Genoa qui prend l'intégralité du salaire à sa charge, environ 320 000 euros. Autrement dit, l'OM se déleste d'une ligne comptable et garde une porte ouverte sur une vente sèche à huit millions. Sur le papier, comptablement, c'est propre.
Sportivement, c'est autre chose. Parce que Traoré, on l'a vu jouer. Pas assez, mais on l'a vu. Le contrôle orienté qui efface un adversaire, la passe qu'aucun autre ne voit dans l'entrejeu, ces éclairs qui rappelaient pourquoi Sassuolo puis Naples avaient misé sur lui. Le talent n'a jamais été le sujet. Le sujet, c'était le corps. La cheville d'abord, les adducteurs ensuite, et une saison passée à alterner infirmerie et bout de banc. Bilan en bleu et blanc selon Le Phocéen : 19 matchs, 3 buts, 2 passes décisives. Pour un joueur censé apporter la dernière touche, c'est maigre.
Le pari du Genoa
L'Ivoirien retrouve la Serie A, un championnat qu'il connaît par cœur après Empoli, Sassuolo et Naples. C'est peut-être ça, la vraie bonne nouvelle du dossier. Traoré n'a jamais eu besoin de s'adapter à l'Italie, il y a grandi footballistiquement. Le Genoa, lui, cherche un créateur et accepte de payer plein pot le salaire, ce qui en dit long sur sa confiance dans le joueur.
Et puis il y a la vérité qu'on n'aime pas dire : dans le mercato OM version 2026, il fallait dégraisser. Le milieu offensif est embouteillé, la masse salariale ne se compresse pas toute seule, et un joueur qui n'a pas enchaîné trois titularisations d'affilée devient vite une variable d'ajustement. Ce n'est ni cruel ni sentimental, c'est arithmétique.
Reste cette impression désagréable de gâchis. On a récupéré un joueur de 25 ans avec un vrai bagage technique, on ne l'a jamais vu à son meilleur niveau, et on le laisse partir avant de savoir. Combien de fois déjà ? Si dans six mois il éclate à Gênes et que le Genoa lève ses huit millions, on ressortira les mêmes phrases qu'à chaque fois. On verra bien.