Mercato OM : Lorenzi mise tout sur les jeunes

Douze recrues chez les jeunes, treize prolongations au centre. Voilà à quoi ressemble le mercato estival de l'OM version Grégory Lorenzi. Loin des coups à vingt millions qu'on nous promettait chaque été, le nouveau directeur sportif a posé sa feuille de route, et elle sent autant la formation que la disette.

Arrivé fin mai, Lorenzi ne s'en cache pas : la situation financière est "inquiétante", pour reprendre son mot. La DNCG regarde par-dessus l'épaule, et les chiffres donnent le vertige. D'après RMC Sport, il faut vendre pour 80 millions d'euros d'ici juin 2027 et diviser la masse salariale par deux. Autant te dire qu'on ne va pas dévaliser le marché cet été.

La réponse du club tient en un mot : les jeunes. Beaucoup de jeunes. Le recrutement se fait chez les gamins du centre et via des prêts assortis d'une option d'achat, histoire de garder l'effectif compétitif sans faire exploser les comptes. L'idée assumée par Lorenzi, c'est de miser sur des joueurs capables de créer un lien avec les tribunes, quitte à les faire grandir avant de les vendre plus cher. Une logique de reconstruction longue, aux antipodes des mercatos prestige d'avant.

Le symbole du moment s'appelle Saïd Remadnia. Dix-sept ans, une prolongation signée, et surtout un non poli à Chelsea qui lorgnait la pépite. Fidéliser plutôt que de voir filer les meilleurs éléments à l'étranger pour trois francs six sous : le message est clair. On a trop vu partir des talents formés à la maison pour ne pas apprécier qu'on essaie, enfin, de les retenir.

Reste la lucidité de celui qui a déjà entendu de belles promesses. Une politique jeunes, c'est vertueux sur le papier, mais ça demande de la patience, et la patience et le Vélodrome, ça fait deux. On sort d'une 5e place en Ligue 1 qui nous envoie en Ligue Europa cette saison, avec l'obligation de rester dans le coup pendant qu'on serre la ceinture. L'exercice est périlleux : austérité d'un côté, ambition de l'autre.

Lorenzi le sait, il faudra être "un peu plus inventif" dans le recrutement, selon ses propres termes. Traduction : moins de chéquiers, plus de flair. Pour le mercato OM, c'est un virage complet, et il va falloir juger sur pièces. On verra bien si ces gamins tiennent leurs promesses. À l'OM, on a appris à espérer sans jamais signer de chèque en blanc.