Genesio présenté mercredi, la méthode change à l'OM

On l'attendait plus dans les bureaux que sous les tifos, ce Genesio. Et voilà : il a repris le boulot, sifflet autour du cou, et mercredi le club officialise la chose devant les caméras, avec Lorenzi à ses côtés. Un dispositif spécial pour une nouvelle ère, comme on dit à chaque fois. Sauf que cette fois, quelque chose a peut-être vraiment bougé.

Le contrat, d'abord. Deux ans, signés fin juin, une fois l'épisode UEFA digéré (l'amende de 10 M€ est passée, pas l'exclusion de Coupe d'Europe). Genesio n'arrive pas seul : il débarque avec ses hommes de confiance, Jérémie Bréchet et Dimitri Farbos comme adjoints, Nicolas Dehon aux gardiens, Thomas Choinard à la performance, croisé du côté de Rennes. Une garde rapprochée, pas un technicien parachuté sans filet.

Mais le vrai signal, il est ailleurs. Fini le loft. Genesio a convoqué tout le monde à la reprise, les prêtés, les indésirables, ceux qu'on rangeait d'habitude dans un coin en attendant qu'ils s'en aillent. Tout le monde sur le terrain, tout le monde jugé sur pièce. Et sept jeunes du centre glissés dans le groupe pro, pas pour la photo, pour bosser. Celui qui a lancé des gamins à Lyon et à Rennes sait ce qu'il fait de ce côté-là.

Ceux qui l'ont vu travailler ailleurs le décrivent en tacticien souple : du 4-3-3, du 4-2-3-1, du 4-4-2 selon les joueurs qu'il a sous la main. Pas un dogmatique, un gars qui s'adapte. À Marseille, on a connu des coachs plus flamboyants qui ont explosé en plein vol. Lui, il avance en silence, méthode et régularité. Reste une question, et pas la plus petite : ici, le silence, ça suffit rarement.

Parce qu'au Vélodrome on juge sur deux choses, les résultats et les frissons. Le premier, Genesio sait le produire, son parcours le prouve. Le second, on demande à voir. La saison va se construire là, sur cette préparation, avec un effectif que le mercato OM n'a pas fini de remodeler et un calendrier OM qui arrivera vite.

Alors mercredi, on écoutera les mots. Mais c'est sur le terrain, dès les premiers matchs, qu'on saura si le pari de la raison valait le coup. Bruno Genesio a deux ans pour nous convaincre. À l'OM, deux ans, ça peut être très long.