Genesio, sa méthode pour lancer les jeunes

Bruno Genesio n'a pas encore dirigé le moindre match officiel à l'OM que déjà, sa ligne directrice se dessine. Elle tient en un mot : la jeunesse. Pas par posture, pas pour faire joli dans un communiqué, mais parce que c'est sa marque de fabrique depuis quinze ans.

Le CV parle pour lui. À Lyon, il a lancé un certain Amine Gouiri dans le grand bain. À Rennes, il a fait éclore Truffert, Mathys Tel, Abline, Assignon. À Lille, Yoro et Bouaddi sont sortis de terre sous sa houlette. Le bonhomme a un flair, ça ne se discute pas. Sa règle, il l'a posée clairement : on ne lance pas un jeune pour boucler un budget, on le lance parce qu'il a prouvé à l'entraînement qu'il avait le niveau. Le mérite avant le principe.

À la Commanderie, la méthode est déjà en place. Sept à dix jeunes appelés pour le stage en Côte d'Ivoire, du temps de jeu pour Bezahaf, Adballah et Kamissoko en préparation. Et un homme pour huiler tout ça : Jérémie Bréchet, chargé de faire le lien entre le groupe pro et la réserve. Un profil de pédagogue, proche des joueurs, exactement ce qu'il fallait.

Le projet, dans les grandes lignes, c'est de bâtir autour de Amine Gouiri et de Paixão, deux jeunes buteurs que le club veut absolument garder. Genesio et Lorenzi construisent sur du long terme, pas sur un coup de poker de mercato OM.

Reste la vraie question, celle que le Vélodrome posera dès les premiers couacs. Genesio, c'est le pari de la raison plutôt que celui de la passion. Une vraie méthode, un vrai métier, mais pas le nom qui fait vibrer un soir de transferts. Ici, on juge sur les résultats et sur les frissons. Le premier, il sait le produire. Le second, on demande à voir.