Genesio : vendre avant d'acheter, le cadre est posé

Bruno Genesio n'a pas attendu trois semaines pour dire ce que tout le monde redoutait déjà. Le nouvel entraîneur de l'OM a posé le cadre de son mercato : on vendra d'abord, on recrutera ensuite. Pas de promesse de coup de tonnerre, pas de nom lâché pour faire vibrer la Canebière, juste la comptabilité posée sur la table dès les premiers jours.

D'après Foot Marseille, il assume complètement. Il savait où il mettait les pieds, il connaissait les contraintes financières du club avant de signer, et il refuse de faire semblant du contraire devant les micros. Ça a le mérite d'être honnête. Ça a aussi le goût amer de tous les étés où on nous a expliqué que la patience était une vertu marseillaise.

Ambitieux quand même, mais à crédit

Le discours n'est pas complètement défaitiste. Bruno Genesio répète que l'OM doit rester un club qui vise la Ligue des Champions, qu'il n'est pas venu pour gérer un ventre mou. Sur le terrain, il annonce une équipe qui presse haut, qui reste solide derrière, qui joue collectivement plutôt qu'en additionnant des individualités. Tout ça se tient. Le problème, c'est que ce plan-là demande des joueurs, et que les joueurs demandent de l'argent.

On a déjà entendu la chanson. Un coach arrive, expose une méthode cohérente, promet du caractère, puis passe août à composer avec les départs qu'il n'a pas choisis. Genesio, lui, a au moins prévenu avant le générique. C'est déjà ça de pris.

Le mercato dicté par les sorties

Concrètement, chaque arrivée dépendra d'une sortie. Les dossiers en cours le montrent bien : les sollicitations pour les milieux s'accumulent, les jeunes cherchent des portes de sortie, et le club regarde. Tant qu'un gros salaire ne quitte pas la Commanderie, l'entraîneur travaillera avec ce qu'il a. Suivre les mouvements de l'été sur le mercato OM va être un exercice de patience.

Ce qui interroge, c'est le calendrier. La reprise arrive vite, les amicaux s'enchaînent, et une équipe qui presse haut sans ballon, ça se construit avec un groupe stable, pas avec un effectif dont on ignore la composition mi-août. Genesio le sait forcément. Il n'a pas franchement le choix.

Reste que le personnage a une qualité qu'on ne lui enlèvera pas : il ne raconte pas d'histoires. À Marseille, où on a été gavés de projets ambitieux qui tenaient trois mois, un type qui annonce la couleur en juillet, c'est presque rafraîchissant. Encore faut-il que la direction lui donne autre chose que des contraintes à gérer. Le calendrier OM commence à se remplir, on verra bien qui sera là pour l'attaquer.