Genesio-Lorenzi : le pari de la raison à l'OM
On voulait du clinquant, un nom qui claque, un coup de mercato sur le banc. On a eu Bruno Genesio et Grégory Lorenzi. Deux profils de bosseurs, pas de vendeurs de rêve. Et franchement, vu où on en est, c'est peut-être ce qu'il nous fallait.
Le décor est posé sans détour. Frank McCourt a prévenu les deux hommes avant qu'ils ne signent : les caisses ne sont pas pleines, la DNCG et l'UEFA nous imposent un train de vie plus sobre, et faute de Ligue des champions cette saison, c'est la Ligue Europa qui fera bouillir la marmite. Stéphane Richard ne s'en cache pas non plus. "On n'est pas exactement dans les clous", reconnaît le président, qui parle d'optimiser, de négocier, de faire au mieux avec les contraintes des régulateurs.
Et c'est là que le choix Lorenzi prend tout son sens. Le Corse a passé dix ans à Brest, à construire des effectifs performants avec trois francs six sous, en dénichant des joueurs pour leur faire prendre de la valeur. Sa feuille de route à Marseille tient en une phrase : "Il va falloir être un petit peu plus inventif dans le recrutement." Traduction : on vend pour acheter, on mise sur la formation, on arrête de claquer des millions sans garantie. Le mercato OM version raisonnable, quoi. Ça change de l'époque des paris à vingt millions.
Sur le départ de Greenwood, Lorenzi n'a pas tourné autour du pot. Le joueur voulait s'en aller, le marché n'a pas suivi les prix espérés, point. L'ex-Marseillais est parti, on passe à autre chose. Voilà pour la transparence.
Bruno Genesio, lui, débarque avec le CV du technicien solide. Troisième avec Lille la saison dernière, plus de 300 matchs de L1 au compteur, une vraie expérience européenne. Il parle apaisement, sérénité, développement des jeunes. Rien de tape-à-l'œil, tout dans la méthode. Il a déjà prévenu ses joueurs : la ferveur et l'attente autour de l'OM n'existent nulle part ailleurs. Au moins, il sait où il met les pieds.
Reste la vraie question, celle qu'on se pose à chaque nouveau projet vendu comme "durable" et "stable". Combien de fois on nous a promis le long terme avant de tout balancer six mois plus tard ? Genesio sait produire des résultats, son parcours le prouve. Les frissons, par contre, on demande à voir. À Marseille, on juge sur les deux. Le premier rendez-vous du calendrier OM nous dira si la méthode tient la route ou si c'est encore un discours qui s'envolera au premier coup de vent. Allez, on y croit. Un peu.