Genesio tourne la page des lofts à la reprise

Fini le placard. À peine arrivé, Bruno Genesio a envoyé un signal que tout le vestiaire a capté : à la reprise, tout le monde est convoqué. L'ensemble du groupe pro, sauf les internationaux encore en Coupe du Monde, s'est présenté à la Commanderie. Pas de liste noire, pas de joueurs entraînés à part en attendant qu'on les pousse vers la sortie. Ça peut paraître un détail. À l'OM, après deux saisons de guerre froide entre les dirigeants et une moitié de l'effectif, c'est une petite révolution.

On se souvient de l'ambiance sous l'ère Longoria-Benatia. Les fameux lofts, ces joueurs mis au ban parce qu'ils ne rentraient plus dans les plans ou parce qu'un bras de fer avait mal tourné. Une méthode qui a fait couler beaucoup d'encre et pourri pas mal de fins de mercato. Genesio, lui, débarque avec une autre idée en tête : on évalue tout le monde sur le terrain avant de trancher. Logique, presque banal ailleurs. Chez nous, ça faisait longtemps.

D'après Le Phocéen, le discours a changé autant que la méthode. Le nouveau coach installe un climat plus serein après une saison où l'usure mentale s'était vue jusque dans les jambes. Le travail reste exigeant, ça il l'a répété, mais dans une atmosphère où on respire un peu. Les joueurs apprécient de se sentir moins surveillés, moins jugés à chaque geste. Reste que la sérénité, à Marseille, ne dure que le temps d'une série sans victoire.

Côté terrain, Genesio arrive avec sa réputation de technicien adaptable. Le 4-3-3, le 4-2-3-1, le 4-4-2 : il ajuste son système aux profils qu'il a sous la main plutôt que d'imposer un dogme. À Lyon, à Rennes puis à Lille, il a montré qu'il savait faire progresser les jeunes et tirer le meilleur de chaque élément. C'est exactement ce qu'on attend d'un banc de l'OM, où l'effectif change chaque été et où la marge d'erreur est mince.

Ce n'est pas le nom qui fait rêver le Vélodrome un soir de mercato. C'est un vrai métier, une vraie méthode, une régularité qui manquait cruellement. On a connu des coaches plus flamboyants qui ont explosé en plein vol. Genesio, lui, avance en silence. Le problème, ici, c'est que le silence ne suffit jamais bien longtemps : on juge sur les résultats et sur les frissons. Le premier, il sait le produire. Le second, on demande à voir, dès la reprise de la Ligue 1 et un calendrier qui ne fera pas de cadeaux.