Bob Tahri au cœur d'une enquête interne à l'OM

Une vingtaine de salariés qui écrivent ensemble pour dénoncer un collègue, ça n'arrive pas tous les jours. Encore moins dans un club de foot, où on préfère d'habitude régler ça en interne et faire comme si de rien n'était.

Fin mai, un signalement collectif est parti vers la direction de l'OM. Sa cible : Bob Tahri, coordinateur sportif arrivé en décembre 2024. Ancien demi-fondeur, vice-champion d'Europe du 3000 m steeple, il avait débarqué à la Commanderie avec un mandat lié à la performance physique. Le mail, révélé par RMC Sport et Foot Mercato, décrit tout autre chose : un management fondé sur l'intimidation, des collaborateurs écartés, un périmètre de fonctions qui n'a cessé de s'élargir. Plusieurs noms du club apparaissent dans les témoignages, dont celui de l'entraîneur adjoint Pancho Abardonado.

Ce sont des accusations, pas un jugement. La DRH s'est saisie du dossier et l'enquête interne suit son cours. Personne n'a été sanctionné, et Tahri n'a pas eu l'occasion de s'exprimer publiquement.

Ce qui interpelle, au-delà du cas personnel, c'est la façon dont l'alerte est remontée. Vingt salariés qui doivent se regrouper et écrire un mail collectif pour être entendus, ça veut dire que les canaux normaux n'ont pas fonctionné. À un club qui change de directeur du football, de directeur sportif et d'entraîneur en quelques mois, la question de qui décide quoi n'est pas anecdotique.

Et puis il y a ce détail qui dit tout de l'ambiance : Bob Tahri était bien du voyage en Côte d'Ivoire cette semaine, avec le groupe, malgré l'enquête en cours. Business as usual, en apparence. On imagine l'atmosphère dans le bus.

La reprise a commencé, Bruno Génesio installe ses idées, l'effectif se recompose au fil du mercato. Difficile d'imaginer une saison sereine si ce dossier traîne jusqu'en septembre. Reste à savoir si la direction tranchera avant le premier match officiel.