OM : le climat pourri dont Genesio hérite

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On a passé des semaines à se demander qui prendrait le banc. Et pendant qu'on débattait du nom du prochain coach, c'est tout l'immeuble qui prenait l'eau. Bruno Genesio n'est pas encore officiellement installé que la Commanderie ressemble déjà à une cocotte-minute prête à siffler.

Le symptôme le plus parlant, c'est ce mail. Mardi soir, une cinquantaine de personnes au club l'ont reçu, signé d'un « collectif de salariés de l'Olympique de Marseille ». Une vingtaine de signataires, du bâtiment administratif comme du secteur sportif, avec ou sans responsabilités. Tous anonymes, et ils l'écrivent noir sur blanc : ils ont peur pour leur poste. Au cœur de leurs reproches, un nom, celui de Bob Tahri, coordinateur sportif arrivé en décembre 2024 comme responsable du « player care » avant de devenir l'ombre de Medhi Benatia sur tout le sportif. On y parle de licenciements en série, de kinés, de médecins, de gens du protocole poussés dehors, de programmes balancés à la dernière minute. La DRH a ouvert une enquête interne et le sujet sera abordé au CSE. Tahri, lui, se dit « très serein sur le fond » et promet que ça ne restera pas sans suite.

Et puis il y a eu l'épisode du 17 mai. Quelques minutes après la victoire contre Rennes (3-1), Pancho Abardonado, l'adjoint, est allé chercher Tahri en pleine tête : « Pourquoi tu dis partout que je suis une taupe ? » Il a fallu plusieurs personnes pour séparer les deux hommes. Depuis, Abardonado, qui a ses diplômes d'entraîneur, réfléchit sérieusement à claquer la porte. Son honneur, il estime qu'on l'a sali.

Cette histoire de taupes, ce n'est pas nouveau. On se souvient de Valentin Rongier surnommé « le syndicaliste », de joueurs et de cadres soupçonnés d'alimenter les journalistes, des responsables com' écartés l'été dernier. À chaque fois qu'il fallait se débarrasser de quelqu'un, comme par hasard, les mêmes comptes Twitter se chargeaient de le salir. Ça rappelle de vieilles blessures. Papin balancé en son temps, et tant d'autres. À l'OM, personne n'est éternel, on le sait depuis longtemps.

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Le plus dingue dans l'affaire, c'est que les deux hommes au centre de ce climat, Pablo Longoria et Medhi Benatia, ont quitté le club. Et le malaise, lui, est resté. Comme une odeur qui ne part pas. Du côté du mercato OM, on parle de reconstruction, de page qui se tourne. Sauf qu'une page se tourne mal quand la reliure est cassée.

Voilà ce que récupère Genesio. Pas seulement un vestiaire fragmenté où l'autorité s'est effritée et où certains, à commencer par Mason Greenwood, traînent une réputation de traitement de faveur. Une maison entière à apaiser. Kaba Diawara a demandé de la patience pour le nouveau coach. Vu l'état des murs, il va surtout falloir un sacré plâtrier. On verra bien s'il a les bons outils.