Post-formation : l'OM rafle les jeunes talents

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On a connu des étés où l'OM nous promettait des stars et nous livrait des fonds de tiroir. Cette fois, le club fait l'inverse : pas de noms qui font rêver le bar des supporters, mais une accumulation méthodique de gamins repérés avant tout le monde. Quatre signatures déjà, et on commence à comprendre la logique.

Tout est parti de Sacha Lung, première recrue de l'été. Puis le club a accéléré. Jephthe Malanda, milieu offensif de 18 ans formé au LOSC, a paraphé son premier contrat pro. Chiper un espoir à Lille, ça a forcément un goût particulier par ici. Dans la foulée, Osmane N'Diaye est venu garnir l'entrejeu, et le club vient d'ajouter Adam El Boughlamy, gamin de 2008 arraché à Montpellier, qui aurait dit non au PSG pour venir chez nous. Ça aussi, ça compte.

Une politique, pas un coup de chance

La répétition fait la stratégie. Marseille a décidé de jouer le créneau de la post-formation : aller chercher des joueurs entre 16 et 19 ans, déjà aboutis dans leur centre de formation d'origine, mais pas encore assez installés pour coûter des fortunes. On les intègre à la réserve, on les fait grandir, et on espère soit en faire des cadres maison, soit les revendre avec une belle plus-value. C'est exactement le modèle qui a fait la fortune sportive et financière de clubs comme Lille ou le Red Bull Salzbourg.

Pour un club qui doit désormais compter ses sous, c'est une question de survie autant que d'ambition. Recruter quatre jeunes prometteurs coute moins cher qu'un seul attaquant confirmé, et le potentiel de revente est nettement plus intéressant. Le jour où l'un de ces gamins se transforme en pépite, c'est tout le projet qui se trouve validé.

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Reste à transformer l'essai

Le piège, on le connaît. Combien de "grands espoirs" sont passés par la Commanderie sans jamais percer ? Recruter des jeunes, c'est facile sur le papier. Les faire éclore, leur donner du temps de jeu, résister à la tentation de les vendre trop tôt ou de les laisser pourrir en réserve, c'est une autre paire de manches. La réserve qui vient d'accéder à l'échelon supérieur sera un bon thermomètre.

Pour l'instant, saluons au moins la cohérence. Pendant des années, on a reproché à la direction de naviguer à vue, de céder aux coups de tête. Là, il y a un plan, une ligne directrice, une vraie idée du club qu'on veut construire. Reste à savoir si, dans deux ans, on parlera de ces gamins comme de la nouvelle génération dorée, ou comme d'une énième promesse marseillaise partie en fumée. On a appris à ne pas s'emballer. Mais on regarde, et on espère.