Il fallait bien que ça arrive un jour. Pendant des années, on a vu Frank McCourt signer les chèques, éponger les pertes, recruter comme si l'argent poussait sur les platanes du Vieux-Port. Cette époque est finie. Le propriétaire américain a décidé de fermer le robinet, et ça va tout changer dans la manière dont l'OM construit ses étés.
Le déclic, c'est un déficit qui donne le vertige : 104,7 millions d'euros sur le seul exercice 2024-2025. Mis bout à bout avec les saisons précédentes, on parle d'un trou cumulé qui dépasse les 150 millions. À ce niveau, même un milliardaire finit par calculer. McCourt a donc tranché : il ne comblera plus indéfiniment les pertes du club. Désormais, c'est gestion stricte, comptes surveillés, et une règle simple qui revient comme un refrain dans les couloirs de la Commanderie : pour acheter, il faudra d'abord vendre.
La fin d'une illusion
Soyons honnêtes, on s'était habitués à cette idée d'un mécène prêt à tout pour son jouet marseillais. C'était confortable. Ça permettait de rêver à chaque mercato, de réclamer la star de trop sans trop se soucier de la facture. Sauf qu'un club de foot n'est pas un puits sans fond, et que les règles de contrôle financier finissent toujours par rattraper ceux qui jouent avec le feu. La campagne en Ligue des Champions a rapporté gros et amorti une partie des dégâts, mais ça ne suffit pas à effacer l'ardoise.
Le résultat, on va le vivre cet été. Fini le temps où l'on pouvait empiler les recrues sans réfléchir aux sorties. Chaque arrivée devra être financée par un départ, ou presque. C'est aussi ce qui explique, en partie, cette nouvelle stratégie tournée vers les jeunes : ça coûte moins cher et ça peut rapporter à la revente.