On en parlait il y a quelques jours, quand le club bataillait encore pour faire venir l'homme malgré les grincements de dents du côté de Nice. C'est désormais réglé : Grégory Lorenzi est le nouveau directeur sportif de l'Olympique de Marseille. Officiel, signé, plus de suspense.
Le Corse a 42 ans et il débarque avec dix années passées à Brest dans les valises. Dix ans, à l'échelle d'un club, c'est une éternité. Là-bas, il a construit, recruté, vu un petit club finistérien grimper jusqu'à goûter à l'Europe. Le genre de parcours patient qui détonne dans un foot où tout le monde veut tout, tout de suite. Et qui détonne encore plus à Marseille, où on a usé les directeurs sportifs comme on use les entraîneurs.
Sa mission, elle tient en une phrase mais elle pèse une tonne : définir et conduire la politique sportive du club. Traduction maison : tout. Le recrutement, la ligne directrice, l'identité de l'effectif, la cohérence entre ce qu'on dit vouloir faire et ce qu'on fait vraiment sur le terrain. Sa nomination est le fruit d'un processus mené à deux mains, par Stéphane Richard et Frank McCourt. Quand le président et le propriétaire choisissent ensemble, c'est qu'on veut éviter les couacs habituels.
Lorenzi n'a pas caché son émotion à l'idée de relever ce défi. Et défi est le mot juste. Parce qu'il arrive dans un contexte tendu, marqué par la crise des droits audiovisuels qui plombe tous les clubs français. Fini les chèques en blanc, place à la gestion serrée. On lui demande explicitement deux choses : développer les joueurs et gérer les ressources avec rigueur. Autrement dit, faire mieux avec moins. Le programme de tout un foot français en faillite, résumé sur la fiche de poste d'un seul homme.