Il y a des nouvelles qu'on n'a jamais envie d'écrire. Éric Roy s'est éteint le 17 juin, à 58 ans, après trois ans et demi de combat contre la maladie. Un combat mené dans la pudeur la plus totale, loin du tumulte, comme il avait vécu. À Marseille, on a appris la nouvelle avec ce pincement qu'on connaît bien, celui qu'on garde pour les nôtres.
Roy, à l'OM, c'était un passage. Une saison pleine au milieu des années 90, le genre de présence qu'on remarque sans qu'elle fasse de bruit. Un numéro 6 à l'ancienne, propre, intelligent, toujours bien placé. Le profil de joueur qu'on cherche encore aujourd'hui, celui d'un Pierre-Emile Højbjerg qui range le jeu sans jamais se mettre en avant. Le Phocéen l'a résumé d'une formule juste : le taulier que Marseille n'a jamais oublié. Pourtant il n'est pas resté des années. Mais certains laissent une trace en peu de temps.
Avant l'OM, il y avait eu Nice, là où tout a commencé, au centre de formation. Puis Lyon, et plus tard une reconversion d'entraîneur qui restera comme l'une des plus belles histoires récentes de la Ligue 1, du côté de Brest. Trois années inespérées, comme dira son ami Jérôme Alonzo. Trois années qui l'ont maintenu debout quand la maladie rongeait déjà.
Le témoignage d'Alonzo, quarante ans d'amitié
C'est Jérôme Alonzo qui a trouvé les mots les plus justes. Les deux hommes se connaissaient depuis le centre de formation niçois, près de quarante ans d'amitié. "C'est le grand frère que je n'ai jamais eu", a confié l'ancien gardien à L'Équipe. Ils ont même joué une saison ensemble à l'OM, en 1996-1997, là où Alonzo a débuté en Ligue 1.