Éric Roy nous a quittés, Marseille n'oublie pas

om hommage histoire-om 2025-2026

Il y a des nouvelles qu'on n'a jamais envie d'écrire. Éric Roy s'est éteint le 17 juin, à 58 ans, après trois ans et demi de combat contre la maladie. Un combat mené dans la pudeur la plus totale, loin du tumulte, comme il avait vécu. À Marseille, on a appris la nouvelle avec ce pincement qu'on connaît bien, celui qu'on garde pour les nôtres.

Roy, à l'OM, c'était un passage. Une saison pleine au milieu des années 90, le genre de présence qu'on remarque sans qu'elle fasse de bruit. Un numéro 6 à l'ancienne, propre, intelligent, toujours bien placé. Le profil de joueur qu'on cherche encore aujourd'hui, celui d'un Pierre-Emile Højbjerg qui range le jeu sans jamais se mettre en avant. Le Phocéen l'a résumé d'une formule juste : le taulier que Marseille n'a jamais oublié. Pourtant il n'est pas resté des années. Mais certains laissent une trace en peu de temps.

Avant l'OM, il y avait eu Nice, là où tout a commencé, au centre de formation. Puis Lyon, et plus tard une reconversion d'entraîneur qui restera comme l'une des plus belles histoires récentes de la Ligue 1, du côté de Brest. Trois années inespérées, comme dira son ami Jérôme Alonzo. Trois années qui l'ont maintenu debout quand la maladie rongeait déjà.

Le témoignage d'Alonzo, quarante ans d'amitié

C'est Jérôme Alonzo qui a trouvé les mots les plus justes. Les deux hommes se connaissaient depuis le centre de formation niçois, près de quarante ans d'amitié. "C'est le grand frère que je n'ai jamais eu", a confié l'ancien gardien à L'Équipe. Ils ont même joué une saison ensemble à l'OM, en 1996-1997, là où Alonzo a débuté en Ligue 1.

Newsletter

Côté Tribune

Chaque lundi matin, l'OM vu depuis la tribune. Résultats, analyse, ironie. Pas de spam, pas de bullshit.

Tout les opposait. L'un rangeait tout, se couchait à 21 heures, n'a jamais touché une cigarette. L'autre faisait l'apéro et rentrait à 3 heures du matin. "L'eau et le feu", disait Alonzo, qui l'appelait "Mister Perfect". Jamais un jugement, jamais un reproche. Juste cette présence rassurante de celui qui veille. Dans le milieu, on savait depuis des mois. Personne n'a parlé. Une dignité rare, que ses proches ont tenu à saluer.

Christophe Dugarry, lui aussi, a pleuré la disparition de son ami. Les hommages, ce mercredi soir, étaient partout. Et au milieu de tout ça, l'image qui reste : celle d'un homme qui faisait attention à lui, qui n'avait aucun vice, et que la maladie a rattrapé quand même. La vie est parfois d'une injustice qui laisse sans voix.

On pense à Loëtitia, sa femme. À ses enfants, Marcus et Victoria-Rose. À sa mère, qui a perdu son mari en décembre dernier puis son fils en quelques mois. Le football marseillais, qui sait honorer les siens autant que les légendes encore en vie comme Éric Di Meco, a une pensée pour eux ce soir.

Repose en paix, Éric.