Bordeaux exclu par la DNCG : on a évité Gérard Lopez

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Six fois champion de France. Une Coupe de l'UEFA en 96, des Lizarazu, des Zidane qui ont poussé la première fois sur cette pelouse, un Scapulaire que toute la France connaît. Et ce mardi, la DNCG a rayé tout ça d'un trait. Bordeaux est exclu de toutes les compétitions nationales. Pas relégué, pas sanctionné d'un point : exclu. Si l'appel ne change rien, les Girondins repartiront en Régional 1, la sixième division, là où jouent les clubs de quartier le dimanche après-midi.

Les 9 millions d'euros qu'il fallait poser sur la table pour boucler le budget ne sont jamais arrivés. On le sentait venir depuis des semaines, mais le voir écrit noir sur blanc, ça fait quelque chose. Le club a fait appel, la commission se réunit d'ici une quinzaine de jours, et entre-temps tout le monde retient son souffle du côté de la Garonne. Parce qu'il y a une vente en cours, entre Gérard Lopez et le fonds britannique Sparta Capital. Le même Gérard Lopez qui a fait dégringoler ce club de la Ligue 1 au National 2 en trois ans. Trois ans pour démolir un monument.

Et nous, on a failli y avoir droit

Voilà le truc que beaucoup ont oublié. Avant de poser ses valises à Bordeaux, Gérard Lopez avait des vues sur Marseille. Il s'est renseigné, il a tourné autour, il rêvait du Vélodrome. Imagine deux secondes. Imagine que les Louis-Dreyfus aient dit oui à ce projet-là plutôt qu'à Frank McCourt en 2016. Imagine notre OM avec le même pilote que celui qui a conduit les Girondins en R1.

On passe notre temps à râler sur McCourt, et on a raison de le faire sur pas mal de sujets. Le silence, les présidents qui valsent, les promesses de titre qui restent des promesses. Tout ça est légitime. Mais regarde Bordeaux et remets les choses à leur place. McCourt, lui, remet au pot chaque été. Quand la DNCG sort sa calculette, l'argent est là. On passe le contrôle, on repart en Ligue 1, et personne chez nous ne tremble en juin à l'idée de finir en sixième division. Ça paraît normal, sauf que ça ne l'est pas. Demande à un Bordelais ce qu'il en pense.

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La fiabilité, ce luxe qu'on ne voit plus

C'est ça, le vrai sujet. Pas le palmarès, pas les recrues à 30 millions. La fiabilité du propriétaire. Un actionnaire qui ne disparaît pas, qui ne revend pas en douce à un fonds qu'on ne connaît pas, qui ne laisse pas le club crever pour une histoire de 9 patates manquantes. McCourt n'est pas le sauveur qu'on espérait, d'accord. Mais c'est un mur porteur, et quand tu regardes ce qui arrive à ceux qui ont misé sur le mauvais cheval, tu te dis qu'un mur porteur, ça vaut de l'or.

Alors ce soir, on n'a pas envie de se moquer. Bordeaux n'est pas un rival, c'est un grand du foot français qu'on est en train de regarder couler. Les supporters au Scapulaire ne méritaient pas ça. On connaît la valeur de ces moments, nous, on a vu la L2 de près en 93 après le sacre européen. La chute, on sait ce que c'est.

Reste à voir si l'appel sauvera les meubles, ou si l'un des plus beaux clubs de France ira vraiment chercher ses points le dimanche en Gironde. En attendant, force aux Bordelais. Et quelque part, un grand merci aux Louis-Dreyfus d'avoir choisi McCourt.