Vestiaire OM : Beye réfute, le climat n'apaise pas

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On en parle depuis Lorient. La sortie de Habib Beye après la défaite chez les Merlus, où il avait épinglé sans filtre l'attitude de ses joueurs et le manque de leaders, n'est jamais retombée. Une semaine plus tard, le coach a dû monter au créneau en conférence de presse pour balayer les rumeurs de vestiaire fracturé. Sa formule du jour : « les mensonges ». Le souci, c'est qu'à l'OM, quand un entraîneur passe son temps à éteindre des incendies dans la salle de presse, le feu est rarement éteint dans le couloir des vestiaires.

Beye en mode pompier

Le coach a pris la parole avec une tonalité presque offensive, demandant aux journalistes plus de rigueur et défendant ses relations avec ses joueurs. Le discours a évolué depuis Lorient : on est passé de la critique frontale à l'éloge du groupe. Une bascule qui n'a échappé à personne, et qui sent un peu le rétropédalage de circonstance.

Dans l'autre camp, Medhi Benatia, lui aussi, s'est exprimé avec une rare virulence sur l'attitude collective. Le tandem qui devait conduire la fin de saison ne tient plus exactement le même discours, et les remplaçants, eux, font remonter en interne leur agacement face au traitement réservé à Mason Greenwood. Cristallisateur involontaire, l'Anglais paie la note d'un statut à part dans un groupe qui sent l'effort partagé inégalement.

Petit et Olmeta tirent à vue

Pendant que le coach éteint, les anciens allument. Emmanuel Petit a parlé d'une équipe qui « se saborde toute seule », pointant un mélange explosif d'ego et d'absence de hiérarchie sportive. Pascal Olmeta n'a pas été plus tendre. Dans le sillage de Brice Dja Djédjé et de Frédéric Cardoze ces derniers jours, c'est toute une famille de voix marseillaises qui dit la même chose à des micros différents : ce n'est pas qu'un creux de fin de saison, c'est plus profond. Pas de président au quotidien, un directeur sportif sur le départ, un coach arrivé en cours de saison sans le crédit pour imposer un cap, des cadres qui s'observent. La recette est connue, on la déguste tous les ans à des doses variables.

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Greenwood, Pavard, Balerdi : la trinité visée

Sur le terrain, Benjamin Pavard et Leonardo Balerdi traversent une zone de turbulence défensive qui n'aide pas. Le champion du monde, qu'on regardait arriver comme un coup de maître l'été dernier, alterne avec un Balerdi capitaine plus discret qu'à l'automne. Et au milieu, Greenwood reste l'évidence sportive avec ses 16 buts cette saison, mais devient aussi le révélateur des fractures internes. Tout le monde le sait : sans lui, l'OM n'a pas marqué la moitié des buts de la saison. Avec lui, certains coéquipiers regardent le ballon partir plus souvent qu'ils ne couraient pour le récupérer.

Le calendrier comme juge de paix

À deux journées de la fin, le classement Ligue 1 ne pardonne plus rien. Beye sait que son avenir se joue maintenant. Des informations en interne le disent fragilisé, d'autres rappellent qu'il garde des soutiens. Au milieu, le seul tribunal qui compte, c'est le calendrier OM. Nantes ce week-end, puis la dernière journée. Si le groupe se reprend, on dira que Beye a remis la maison en ordre. Si ça craque, on entendra encore parler de mensonges en conférence de presse, mais cette fois la conclusion sera tirée par d'autres.