Mandanda raconte la "petite mort" dans son livre

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On en parlait hier dans nos colonnes, avec l'interview qu'il avait donnée à La Provence. On savait que Steve Mandanda avait traversé une zone grise après avoir raccroché les crampons l'été dernier. Ce qu'on découvre cette semaine, à la lecture des bonnes feuilles publiées par L'Équipe, c'est l'ampleur réelle du gouffre. Demain mercredi 13 mai, il sort un livre chez Flammarion. Ça s'appelle "Les jours d'après". Et ça ne ressemble à aucun bouquin de footballeur qu'on a lu jusqu'ici.

Ni horaires, ni vestiaire, ni rien

L'idée du livre est née de cet été 2025. Mandanda, après une dernière pige à Rennes qui n'a rien donné de bon, décide d'arrêter. Vingt-cinq ans de carrière, dont les plus belles à l'Orange Vélodrome. Sept cent matchs pros, dont 613 sous le maillot de l'OM, un record absolu qui ne sera pas battu de sitôt. Le 14 septembre 2025, il annonce officiellement sa retraite. Et là, c'est la chute. "Je suis passé de vingt-cinq ans d'un quotidien chronométré à... rien", écrit-il. Ni horaires imposés, ni vestiaire, ni adrénaline d'avant-match. Le vide.

Il refuse plusieurs offres dans la foulée. Lens, Lorient, Le Havre poussent pour le récupérer. Il dit non sans trop savoir pourquoi. Puis vient ce passage qui pique vraiment dans les bonnes feuilles : son inscription à France Travail. Le champion du monde 2018, capitaine emblématique de l'OM, devenu administrativement chômeur. "Je suis venu juste pour ça, France Travail. Ça m'a beaucoup attristé", confie-t-il. Sa femme finit par s'inquiéter : "Tu fais que dormir, tu manges plus, tu fais plus rien." Pas glorieux, pas glamour, mais terriblement honnête.

La remontée, et l'aide des anciens

Ce qui sauve Mandanda, c'est ce qu'il a toujours su faire : ne pas rester seul. Il en parle avec Patrice Evra, avec Guillaume Hoarau, des coéquipiers de Bleus qui ont vécu la même traversée. Tous lui disent à peu près la même chose : il faut se reconstruire un cadre, n'importe lequel, mais un cadre. Le déclic vient à l'automne. Il s'inscrit au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, vise une formation de directeur sportif. Il reprend le sport pour lui, du padel, du fitness. Il rebâtit des horaires.

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Aujourd'hui, à 41 ans, il dit aller mieux. Sans triomphalisme. Le livre, écrit avec le journaliste Mathieu Coureau (Ouest-France), prend la forme d'un journal plutôt que d'une autobiographie. C'est une démarche rare dans le foot français, où on préfère généralement raconter les trophées et les anecdotes de vestiaire. Mandanda fait l'inverse. Il documente ce que personne ne montre : la sortie de scène. Lui-même estime que huit athlètes sur dix passent par cette phase. Ça mérite d'être lu, et pas seulement par ceux qui aiment l'OM.

Le Vélodrome, omniprésent

Forcément, dans ce journal, le Vélodrome revient. Les visages du vestiaire marseillais, l'ambiance des soirs de match, les odeurs même. Mandanda convoque ces souvenirs comme un repère contre le néant. Notre ancien capitaine reste, à sa manière, le point fixe du club. Il était là pendant la finale d'Europa 2018, pendant les changements de présidents, pendant les saisons sans Coupe d'Europe. Toujours debout dans le but, toujours en train de faire le job. Aujourd'hui, il fait un autre job, plus dur peut-être : il raconte la chute en face. Ça fait du bien que ce soit un mec comme lui qui le fasse.